Points de vue contemporains


Les Naufragés
Travail collectif, réalisé sous la direction de Jacky Chriqui et François Fontaine,
sur le thème du Radeau de la Méduse, 10 x 8 m, détail.

 

Géricault aujourd'hui : tel a été le mot d'ordre de ces " Points de vue contemporains " qui ont entretenu un débat passionnant, tout au long de l’année scolaire, dans les ateliers de l’École des Beaux-Arts. Loin de se résumer à de simples exercices de copies, il s'est agi d'alimenter une réflexion sur l’œuvre de Géricault, d'en déceler les aspects contemporains, de se servir de son approche de la réalité et plus précisément du fait divers, pour élaborer des propositions visuelles actuelles. Prétextes à toutes sortes de variations autour du mode pictural, du dessin, mais aussi, bien au-delà, à utiliser les formules contemporaines adaptées à l'expression de l'art.

Faire naître un dialogue visuel à partir de telles confrontations est une voie riche de possibilités qu'une école d'art ne saurait ignorer. L’École des Beaux-Arts de Paris détient un exceptionnel patrimoine, précisément mis à sa disposition par des donateurs qui songeaient ainsi à parfaire la formation des artistes. Même si ce regard exclusif sur les grandes figures de l'histoire de l'art peut paraître suranné, on ne saurait prétendre à balayer d'un revers de la main des traditions toujours riches d'enseignements sur le monde contemporain. Les artistes modernes ne se sont pas privés de faire appel aux maîtres du passé pour exercer leur talent d’expérimentateur : que l'on songe à Picasso et à ses variations sur Manet ou sur Delacroix, à propos duquel il dira justement que " pensant à lui, il fait autre chose ". Mais aussi à des artistes d'aujourd'hui dont certains enseignent précisément à l’École des Beaux-Arts : Alberola, Bioulès, Buraglio, ou encore aux " hommages " de Viallat. Elèves et professeurs de école ont donc déployé une réelle énergie pour participer à ce projet ambitieux, qui a pu prendre parfois la forme d'un grand atelier collectif. S'y sont révélées des options esthétiques très différentes, que l'Ensba se doit de refléter, à l'image de l'art d'aujourd'hui et de ses apparentes contradictions.

Alfred Pacquement


Francis Rodrigues, La Femme morte,
1997, huile sur toile 130 x 90 cm.

Bogdan Pavlovic, Les Eaux d'Afrique,
1997, huile sur toile 195 x 130 cm

 

Deux autres oeuvres...
(83 Ko)

 

 

Le Forum Géricault de Laurent Simonini

 

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