Le Retour en France en 1821


Cheval que l'on ferre, 1823,
lithographie 13,8 x 16,8 cm
.

Cheval noir avec une couverture à carreaux
attaché dans une écurie
,
1823, lithographie 32,8 x 40,2 cm.

 

De retour en France en 1821, Géricault ne peint plus de toiles monumentales et se livre plus volontiers à la réalisation d’œuvres de genre mineures, de peintures de petit format, d’aquarelles et surtout de lithographies.

Les biographes de l’artiste se réfèrent néanmoins à deux grands " projets ", restés inachevés : l’Ouverture des portes de l’Inquisition et la Traite des nègres, sujets qui témoignent une fois de plus de l’engagement social et politique du peintre. Pour cette dernière composition, l’Ensba conserve l’étude préparatoire présentant un marché d’esclaves sur la côte du Sénégal : un noir, les mains liées derrière le dos, fait face à un blanc qui s’apprête à le rouer de coups, tandis qu’une femme, sur la gauche, tente de suspendre son geste.

C’est dans le domaine de la lithographie que le fonds de L’Ensba est le plus représentatif pour cette dernière période de la vie de Géricault. La série des douze estampes gravées par Léon Cogniet et Joseph Volmar reprend et adapte au goût des amateurs français la suite anglaise, dont six planches sont reproduites avec des modifications malencontreuses; les six autres compositions, entièrement originales, sont des transpositions de peintures à l’huile ou d’aquarelles de Géricault. L’ensemble est consacré au cheval, mais l’on n’y retrouve ni la monumentalité ni la force de conviction du Piper (Le Joueur de cornemuse) ou de la Paraleytic Woman (La Paralytique).

Géricault exécute aussi un grand nombre de lithographies de petit format destinées à une large diffusion, où il multiplie les représentations de chevaux. Enfin, il participe également à l’illustration de l’ouvrage d’Antoine-Vincent Arnault (1766-1834), Vie politique et militaire de Napoléon, paru de 1822 à 1826. L’Ensba conserve deux études préparatoires pour cet ensemble : la Marche dans le désert et le Passage du mont Saint-Bernard ; l’artiste montre Bonaparte haranguant ses troupes en plein soleil dans le désert, ou sur les cimes des montagnes enneigées.

E. B.

Ci-dessus : Le Passage du mont Saint-Bernard,
mine de plomb sur papier huilé 31,9 x 42,7 cm

 

 

La Traite des nègres,
pierre noire et sanguinesur papier brun 30,6 x 43,7 cm.

 

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