GÉRICAULT

Dessins et estampes des collections de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts.

Points de vue contemporains.

25 novembre 1997 au 25 janvier 1998

 

visitez aussi le dossier Géricault

L'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts conserve une soixantaine de dessins et la presque totalité des lithographies de Théodore Géricault, légués par plusieurs collectionneurs au XIXe siècle, Edouard Gatteaux, Horace His de la Salle et Prosper Valton pour ne citer que les principaux. Ils constituent un ensemble qui donne un aperçu assez complet de la carrière de l'artiste : ses débuts chez son premier maître Carle Vernet puis son apprentissage chez Pierre-Narcisse Guérin, son voyage en Italie, son séjour londonien puis ses dernières années parisiennes. L'ensemble de cette collection fera l'objet de l'exposition présentée dans les salles du 13 quai Malaquais, de novembre 1997 à janvier 1998.

L'exposition patrimoniale : 140 dessins et estampes

Par sa cohérence et son unité, l'exposition offrira des pièces exceptionnelles comme la Prière à la Madone, le Passage du Mont Saint-Bernard, la Traite des Noirs ou encore trois compositions qui sont des épreuves uniques aquarellées par l'artiste lui-même : L'Artillerie à cheval de la garde impériale changeant de position, La Bataille de Chacabuco ou encore La bataille de Maïpu mais aussi, une grande variété de sujets et de techniques : scènes de la vie romaine, londonienne, campagnes militaires napoléoniennes, sujets orientalisants, portraits, paysage, anatomie humaine et animale. Elle bénéficie du soutien de la Maison Yves Saint Laurent.

La collection

La soixantaine de dessins que présente notamment l'Ensba sont pour la plupart, - à l'exception de quelques uns présentés en 1991-1992 lors de la grande rétrospective Géricault au Grand-Palais -, inédits ou peu connus. Très variés par leurs sujets et leur technique, ces feuilles sont soit des oeuvres destinées au propre usage de l'artiste, sorte de notations de voyage pouvant servir ultérieurement en atelier, soit des études préparatoires pour des lithographies : paysage, étude de chevaux, scène de rue, scène mythologique, scène de la vie militaire, nu féminin, études anatomiques, portrait etc., à la mine de plomb, sanguine, plume, aquarelle, ou au lavis.

Cette collection occupe une place de choix, car elle est assez représentative des différents aspects de l'oeuvre de Géricault, à l'exception du Radeau de la Méduse pour lequel l'Ecole ne conserve aucune étude.
Des débuts de Géricault, elle détient des dessins réalisés vraisemblablement dans l'atelier de Guérin : relevés sur calques d'après des bas-reliefs antiques du temple de Bassae à Egine et des études anatomiques de l'homme et du cheval, exécutées d'après des recueils gravés. On y note déjà le goût chez Géricault du "morceau" ou du "fragment" anatomique.
C'est au cours de son voyage en Italie qu'il entreprend en 1816, que l'artiste exécute ses premières scènes de rue. Il y découvre également les oeuvres de Michel-Ange, dont il a laissé de magnifiques "copies" à la plume d'après les sculptures de la chapelle des Médicis à Florence.

 

Un projet pédagogique autour de Géricault

Points de vue contemporains

Parallèlement à la préparation de l'exposition des dessins et gravures de Géricault à l'Ensba, Alfred Pacquement a invité professeurs et étudiants à travailler, tout au long de l'année 1997, à partir et sur l'oeuvre de Géricault. Les ateliers de Jean-Michel Alberola, Vincent Bioulès et Pierre Buraglio mènent parmi d'autres, un programme pédagogique et artistique sur ce thème. Une sélection des travaux réalisés sera présentée simultanément dans la salle de la Melpomène, 13 quai Malaquais, avec le soutien de Lefranc & Bourgeois.

Gras Savoye organise, dans ce cadre, la sixième édition de son prix de la jeune création GS Art 97 et décerne deux prix d'un montant respectif de 25 000 F et 15 000 F aux deux meilleures créations, sélectionnées par un jury.



Un double catalogue

Cette exposition est l'occasion pour l'Ensba, comme elle le pratique depuis plusieurs années notamment avec Les Dessins vénitiens des collections de l'Ecole des Beaux-Arts, Les Dessins de la collection Armand Valton à l'Ecole des Beaux-Arts, de publier un catalogue complet des oeuvres qu'elle conserve de cet artiste, reproduites pleine page et largement commentées. L'ouvrage sera accompagné de textes scientifiques conçus par des auteurs internationaux qui font l'état de leurs recherches récentes sur tel ou tel aspect de l'oeuvre de Géricault.

Ce catalogue-inventaire comportera un avant-propos d'Alfred Pacquement, une préface de Pierre Buraglio, une introduction de Géricault dans les collections de l'Ensb-a par Emmanuelle Brugerolles, commissaire de l'exposition.

Il comprendra en outre les contributions scientifiques suivantes :
Oeuvres de jeunesse : Dr. John Paul Lambertson (Manschester)
Voyage en Italie : Marc Fehlmann (Zürich)
Voyage en Angleterre : Robert Simon (Harvard)
La Suite anglaise : Alec Mishory (Tel-Aviv)
La vie militaire et les campagnes napoléoniennes : Michael Marrinan (Stanford)
L'orientalisme : Nina Athanassoglou-Kallmyer (Delaware)
Les grands projets : Robert Simon (Harvard)
Manuscrit Ensb-a, la lithographie chez Géricault : Bruno Chenique

Format : 22 x 30,5 cm

Un second catalogue sera réalisé, dans le même esprit, autour des travaux conçus pour les Points de vue contemporains.

Cette exposition, avant son itinérance en Europe et notamment au Fitzwilliam museum de Cambridge (Grande-Bretagne) au printemps 1998, a été partiellement présentée durant l'été 97 à l'université de la British Columbia-Morris and Helen Belkim Art Gallery à Vancouver (Canada).

 

Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 13h à 19h
13, quai Malaquais, Paris 6e
Métro : Saint-Germain des Prés
Droits d'entrée : 30 F ; tarif réduit : 20 F
Commissaire de l'exposition patrimoniale : Emmanuelle Brugerolles, conservateur à l'Ensba
Commissaire de l'exposition d'art contemporain : Alfred Pacquement, directeur de l'Ensba
Chef du service de la communication et des expositions : Laurence Maynier
Tél. : 01.47.03.50.74, fax : 01.47.03.50.88, mél : maynier@ensba.fr
Chargée des expositions : Carole Croënne
Tél. : 01.47.03.50.72, fax : 01.47.03.50.88

Photographies disponibles

 

 

GÉRICAULT

Repères biographiques

 

Jean Louis André Théodore Géricault est né à Rouen le 26 septembre 1791. En 1796, sa famille s'installe à Paris où l'artiste va poursuivre ses études. En 1808, il fréquente l'atelier de Carle Vernet qu'il quitte en 1810 pour celui de Pierre Narcisse Guérin. En 1812, Géricault entre à l'Ecole des Beaux-Arts et participe sans succès, en 1816, au Prix de Rome. Il part alors pour l'Italie, d'abord à Florence puis à Rome.

De retour à Paris en 1817, il réalise plusieurs tableaux dont le célèbre Radeau de la Méduse qu'il expose au salon de 1819. Il se livre à une activité intense notamment dans la représentation des scènes de la vie militaire et des campagnes napoléoniennes décrites avec horreur et misère : Le Retour de Russie, La Charette de soldats blessés ou Le Caisson d'artillerie.
En 1820, il part pour Londres afin d'y présenter le Radeau qui est bien accueilli par les milieux artistiques anglais. Il réalise pendant ce séjour La course de chevaux à Epsom pour son hôte londonien, le marchand de chevaux Elmore et publie chez Hullmandel la série lithographiée et intitulée Various subjets drawn from life on stone où il montre notamment une femme paralytique, un homme mendiant à la fenêtre d'une boulangerie, un joueur de cornemuse.

En 1821, Géricault revient en France où il peint une série de dix portraits de monomanes dont seuls cinq subsistent aujourd'hui. Il conçoit aussi deux nouvelles grandes compositions à sujet contemporain faisant en quelque sorte pendant au Radeau de la Méduse, L'Ouverture des portes de l'inquisition et La traite des noirs, chef d'oeuvre de l'exposition : le sujet est évidemment lié au mouvement mené par Sismondi et Mme de Staël en France, pour l'abolition de la traite des noirs. Atteint d'une lésion de la moëlle épinière à la suite de deux chutes de cheval consécutives, il meurt à 33 ans, le 26 janvier 1824.

Géricault devient très vite après sa mort un mythe et le chef de file des peintres romantiques. Toute son oeuvre et tout ce qui lui a appartenu prennent le statut de reliques. Cela explique peut-être en partie la richesse des collections françaises en oeuvres de Géricault - dessins et lithographies notamment - au musée du Louvre, à la Bibliothèque nationale de France, au musée des Beaux-Arts de Rouen.

 Visiter le dossier Géricault


retour vers la page d'archives