La Jeunesse
| Le mythe
romantique de Géricault a entretenu limage
dun artiste autodidacte précoce, hostile à toute formation académique. La réalité dévoile en fait un élève attentif à lenseignement de ses maîtres Carle Vernet et surtout Pierre-Narcisse Guérin, dans latelier duquel il travaille entre 1810 et 1816 : létude daprès le modèle vivant et la copie daprès les tableaux de maîtres occupent une place prépondérante dans cette formation. Les calques réalisés daprès des gravures au trait des fragments de bas-reliefs du temple dApollon Epicourios à Bassae témoignent de cet apprentissage et révèlent lintérêt de lartiste pour le monde classique. Ces éléments constituent pour lui une documentation précieuse qui contribuera, quelques années plus tard, à nourrir, par cette référence à lAntique, certaines de ces compositions contemporaines, comme la Course de chevaux libres. La série des études danatomie humaine fut exécutée daprès deux recueils gravés, celui du peintre Charles Monnet, Études Danatomie à lusage des peintres, paru entre 1769 et 1776, et celui de Giuseppe del Medico, Anatomia per uso dei pittori e scultori, publié à Rome en 1811 : Géricault copia de manière scrupuleuse et fidèle les modèles proposés. Enfin, lensemble des dessins danatomie du cheval a peut-être été réalisé lors de séances de dissection ou, plus vraisemblablement, daprès des moulages de préparations anatomiques : il comprend des études traditionnelles de membres antérieurs et postérieurs, de lencolure et du torse, de lépaule et de la croupe de lanimal, traitées à la pierre noire, au fusain ou à la sanguine, et parfois annotées dinscriptions relatives à la nomenclature des muscles.
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