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Communiqué de
presse
- Présentation sous forme de manifeste
Un peintre peint une pomme sur une toile.
S'il supprime la pomme de sa toile, il fait de la peinture abstraite.
S'il supprime la toile et pas la pomme, il fait de l'art conceptuel (exposer la pomme, par exemple). Et s'il continue de peindre des pommes sur sa toile, il a toutes les chances de faire de la mauvaise peinture...
Aillaud, Boisrond, Goldstain, Pomié et quelques autres peignent des pommes sur leurs toiles.
Pourtant, nous osons croire que leurs œuvres sont bonnes.
Ce n'est pas la peinture qui est morte.
Ce n'est pas l'art qui a progressé.
Ce sont les pommes qui ont changé.
H.O.
- Commentaire
Que la réalité plastique de la ville et de la campagne contemporaines ait changé, et qu'elle renouvelle (sans le révolutionner) le genre de la peinture chez certains peintres figuratifs est le thème de cette exposition qui réunira, pour la première fois, Gilles AILLAUD, Vincent BIOULÈS, François BOISROND, Philippe COGNÉE, Marc GOLDSTAIN, Emmanuel LACROIX, Hugues PISSARRO alias POMIÉ.
Ces artistes sont de générations fort diverses - de 29 à 73 ans -. Quelle que soit la tendance à laquelle on les rattache en général (Figuration Narrative pour AILLAUD, Supports/Surfaces pour BIOULÈS, Figuration Libre pour BOISROND, etc.), elle n'a aucune importance dans cette exposition.
Le seul point commun de tous ces peintres est qu'ils en sont venus, à un moment plus ou moins récent de leur carrière, à s'intéresser à dépeindre le paysage contemporain.
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Exposition
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- Autre présentation
" Ce sont les pommes qui ont changé " est une exposition qui voudrait réunir les œuvres plus ou moins récentes d'artistes qui dépeignent, outre le ciel et la chair humaine, les réalités contemporaines...
… de Paris, de la Plaine Saint-Denis, de Saint-Malo, de Marseille, de Tokyo,
… de la campagne normande, grecque, irlandaise, corse,
… des camions de réfrigération, des terrains de volley, des maisons Phénix, des Mini-Austin, des statues équestres taggées sur le socle,
… des matières de plastique imprimé, de tôle peinte, de pierre agrafée, de verre fumé,
bref, de tous ces lieux et toutes ces choses qui, du temps où la peinture était figurative, n'existaient pas
- ou pas comme ça.
- Présentation sous forme de raisonnement
Premièrement, il est clair que, depuis environ 35 ans, l'allure de nos paysages et de nos intérieurs a spectaculairement changé.
Deuxièmement, il est pour le moins curieux que 99,9 % des peintres figuratifs se désintéressent de ce bouleversement esthétique de notre réalité - lui préférant la nature morte de fleurs, le portrait façon profonde, le puzzle surréalisant, la photographie peinte à la main ou l'expressionnisme de têtes trouées et de corps abstraits dans des compositions criblées de signes violents.
Troisièmement, voici quelques années qu'un petit nombre de peintres s'est attaqué, les yeux ouverts, à cette montagne de laideur ou d'indifférence que représente notre décor contemporain - décor qu'aucun artiste, ni d'ailleurs aucun média, ne songe à remettre en question.
Quatrièmement, il serait alors dommage que ces peintres ne puissent témoigner de ce que la réalité ayant changé, la peinture aussi.
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Les artistes

Biographie des
artistes
| Gilles Aillaud |
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Né en 1928 à Paris, il expose en 1971 à l'ARC, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, ses peintures réalisées depuis 1964. L'exposition fut décrochée par l'artiste pour protester contre un acte de censure exercé par les pouvoirs publics sur un de ses confrères. Il expose à nouveau à l'ARC en 1980, à la Maison de la Culture de Saint-Etienne en 1981 ainsi qu'à Grenoble en 1984. Plus récemment, une exposition lui a été consacrée en 1997 au Centre d'art contemporain d'Istres. En 1999, il participe à l'exposition 12 peintres contemporains au Palais des Papes d'Avignon.
"Les animaux de Gilles Aillaud ne s'expriment pas, ils sont : c'est leur être qui parle ; ou plutôt le tableau, à représenter fidèlement leur silence, s'adresse au spectateur qui le regarde.", écrit Michel Sager en 1970, in Gilles Aillaud, Le proche et le lointain à propos de sa peinture.
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| Vincent Bioulès |
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Né en 1938 à Montpellier, il est professeur à l'Ensba de 1991 à 1998 dans le champ de la peinture, après avoir enseigné aux Beaux-Arts d'Aix-en-Provence, de Nîmes et de Montpellier. Membre fondateur du groupe Supports/Surfaces qui interroge la peinture dans ses fondements matériels, formels et sociaux, il s'en détache en 1972 pour revenir progressivement à la figuration. Après une période abstraite fortement marquée par la peinture américaine des années 60, il a tenté d'explorer systématiquement les grands genres de la peinture figurative européenne : paysages, natures mortes, portraits, nus donnant lieu à des séries de peintures à caractère fortement thématique. Aujourd'hui, il radicalise la figuration comme il l'avait fait de l'abstraction. Vincent Bouliès, dont l'œuvre est riche et complexe, a combiné deux écritures tout en inscrivant son travail dans la continuité, par l'exploration de la couleur, de l'espace et du signe plastique. De 1976 à 1988, il expose régulièrement chez Daniel Templon et participe à de nombreuses expositions de groupe en France comme à l'étranger. Ses principales expositions personnelles ont lieu à Montpellier, Lyon, Paris, Zurich et New York. Il a également réalisé des vitraux pour des chapelles et collaboré à la réalisation de costumes et décors pour le théâtre et l'opéra.
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| François Boisrond |
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Né à Boulogne-Billancourt en 1959, ancien élève de l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, il appartient au début des années 80 à la Figuration Libre avec Robert Combas, Hervé Di Rosa, Rémi Blanchard et s'exprime à travers une peinture figurative spontanée, très colorée, à l'exécution décontractée. Inspirées de l'art brut, ses peintures à l'acrylique aux motifs colorés souvent cernés de noir, représentent des situations de la vie quotidienne. Depuis 1981, ses œuvres sont présentées dans des expositions personnelles ou collectives en France, notamment au Capc Musée d'art contemporain de Bordeaux, aux Etats-Unis, au Mexique, en Suède…
" Je m'intéresse plutôt aux objets. J'aime les événements anodins, les petits accidents. Je peins les choses qui sont faites pour qu'on ne les voit pas (…). Je voudrais atteindre les gens qui ne s'intéressent pas à l'art contemporain ". Il enseigne la peinture à l'Ensba depuis 1999.
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| Philippe Cognée |
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Né en 1957 à Nantes, il vit et travaille à Rézé (Loire-Atlantique). "Philippe Cognée s'est fait connaître il y a une dizaine d'années par son travail de sculpteur, dans lequel se mêlaient des visages et des corps grossièrement taillés dans le bois que la peinture venait souligner de couleurs vives et sombres à la fois. Ses tableaux révélaient quant à eux sa faculté à traiter la peinture comme une matière aux qualités presque terriennes : entailles, griffures, déchirures donnaient à ses personnages et à ses animaux des allures étranges, sorte de bestiaire naïf né lors de nuits angoissantes. Depuis quelques années, il a renouvelé les motifs de son travail, en représentant des objets familiers, des intérieurs inquiétants. Aux empâtements rugueux ont succédé des surfaces luisantes, réalisées à l'encaustique, chauffées à l'aide d'un fer à repasser. (…) A la question de savoir comment il est possible de peindre un objet ménager, l'artiste répond en lui donnant une " pseudo-vitalité " qui vrille la perception ordinaire que l'on a des volumes industriels. Ce que l'œil retient alors, ce n'est plus la banalité du sujet - ce qui n'enlève rien au paradoxe à vouloir représenter, et donc sacraliser un congélateur, un réfrigérateur ou une baignoire - mais ces masses fantomatiques, quasiment à l'échelle, d'une inquiétante étrangeté. Comme s'il s'agissait d'inviter à regarder de plus près ces surfaces lisses et sans aspérités soudainement animées. "in catalogue Morceaux choisis"- Le Magasin, Grenoble, 1995.
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| Marc Goldstain |
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Né en 1969 à Montreuil, il a suivi une formation à l'Ecole Duperré, avant de se consacrer à la peinture de paysages de rue à la lumière rasante. En 1998, ses œuvres sont exposées à la librairie le Divan à Paris. Au mois de février 2000, il expose avec Emmanuel Lacroix au Théâtre du Vésinet.
"Je peins la ville : des paysages parfois reconnaissables, mais banals à force d'être quotidiens, tout comme les passants de mes toiles, uniques mais anonymes. J'aime ce contraste : des paysages et des gens que l'on ne regarde pas, mais que je choisis de représenter parce que ce sont des images omniprésentes de ma vie : le reflet d'un pare-brise, l'asphalte mouillée, la verticale d'un feu rouge, la lumière sur une façade ou la démarche d'un quidam. J'y vois un champ d'une richesse picturale et poétique immense".
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| Emmanuel Lacroix |
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Né en 1971 dans le Puy-de-Dôme, il entame ses études artistiques à l'Institut des arts visuels d'Orléans.
En 1992, il entre à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris dont il sort diplômé en 1997. Elève assidu notamment de Bioulès, il avoue une prédisposition et un goût appuyé pour la peinture sur le motif, à savoir " une peinture sur le vif de ce que l'on voit du monde et non pas de ce que l'on sait ".
Au cours des hivers 1996 et 1997, sur les traces de Matisse et Delacroix, il réalise des voyages au Maroc qu'il qualifie d'" initiatiques ", et en ramène de nombreux carnets. En 1997, il expose avec d'autres jeunes artistes à la galerie du Crous/Beaux-arts. En 1998, il participe à l'exposition contemporaine qui accompagne à Paris la présentation des Dessins et estampes de Géricault, dans les collections de l'école des beaux-arts et expose cette année dans Vedute de Paris, une exposition présentée à la galerie Paramythiotis ainsi qu'au théâtre du Vésinet.
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| Hugues Pissarro alias Pomié |
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Né en 1935 en France, il a opté pour la nationalité irlandaise. Il vit et travaille en République d'Irlande.
Issu de l'"avant-gardisme" ambiant des années 70, il est revenu à une peinture "naturaliste" dans l'intention d'explorer ce qu'il appelle l'" Ordinarité ". Le choix encore quelque peu minimaliste d'une posture picturale aussi simpliste le conduit presque à se considérer comme un peintre naïf, sinon vraiment comme un peintre du dimanche. Entrant délibérément dans les poncifs des conventions de genre, il s'est fait successivement peintre animalier, peintre de marine et aujourd'hui, avec sa seconde et très jeune femme Corinne, peintre de nus. Il considère que sa pratique de paysagiste résulte d'un dialogue étroit avec le critique Hector Obalk. Pratiquement inconnu en France, son travail a cependant été montré par Jean de Loisy à l'Elac de Lyon (Adama la Terre) ou plus récemment par la Réunion des musées nationaux, dans l'exposition De Bonnard à Bazelitz. En revanche, il a exposé dans la plupart des musées du Japon. Il est représenté par Stern Art Dealers de Londres ainsi que par les galeries Halcyon, également en Angleterre.
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Commissaire(s) de l'exposition
: Hector OBALK et Didier SEMIN
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Didier Semin
Né en 1954. Chargé des expositions à la Maison de la culture de Saint-Étienne (1979-1983), conservateur du Musée de l'abbaye Sainte-Croix aux Sables d'Olonne (1983-1988), conservateur au Musée d'art moderne de la ville de Paris (1988-1991), conservateur chargé des collections contemporaines au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou (1991-1998). Il a notamment assuré plusieurs commissariats (Aillaud, Taeuber-Arp, Brauner, Schwitters, Raysse, L'Empreinte ... ) et a été nommé professeur d'histoire de l'art moderne et contemporain à l'Ensba en 1999.
Hector Obalk
Critique d'art, 4o ans. N'a fait qu'une exposition dans sa vie ( "L'art Évident", CAC de Montbéliard en 1986). Amateur de philosophie analytique, il travaille depuis dix ans à une édition génétique des Notes de Marcel Duchamp à paraître aux éditions du Centre Pompidou. Il réalise également des petits reportages sur l'art pour la télévision (notamment pour "Rive Droite Rive Gauche" sur Paris Première).
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Catalogue
| Le catalogue est inclus dans le nouveau et épais numéro de"L'eau, revue d'art", publié pour l'occasion. Il contient la totalité des tableaux exposés, un texte de Didier Semin, des textes critiques de l'actualité artistique récente ayant peu à voir avec l' |
Informations pratiques
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Ce sont les pommes qui ont changé
Du 26/09/2000 au 19/11/2000
Vernissage le 25/09/2000 à 18h00
Commissaire(s) : Hector OBALK et Didier SEMIN
ouvert tous les jours sauf le lundi, de 13h00 à 19h00
Métro Ligne 4 : Saint-Germain des Prés
Bus : 24 - 27 - 39 - 48 - 63 - 70 - 86 - 87 - 95 - 96
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