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Communiqué de
presse
D’un séminaire…
L’exposition Des territoires rend compte des activités du séminaire animé depuis 1994 par Jean-François Chevrier, professeur d’histoire de l’art à l’École nationale supérieure des beaux-arts.
Ce séminaire hebdomadaire est un lieu de recherches et de débats ouvert à tous, sans distinction.
Le groupe d’artistes et d’intellectuels qui en constitue le noyau interroge les relations et les écarts, dans la société contemporaine, entre art et information. Il tente de formuler l’exigence d’un art public en prise sur l’actualité, au-delà des routines et des corporatismes qui figent les milieux de l’art et de l’information. C’est dans cette visée que, chaque mercredi soir depuis sept ans, des artistes, économistes, sociologues, géographes, urbanistes et architectes, cinéastes, responsables d’associations, ont abordé, à partir de leurs expériences propres, les questions les plus urgentes du débat démocratique. Comment imaginer un espace du commun, qui conserve son hétérogénéité culturelle et sociale, et qui ne soit pas absorbé par la communication et le marché ?
Deux axes de réflexion se sont progressivement dessinés, à la fois dans les débats et dans les pratiques des artistes. Le territoire désigne une situation géographique et sociale, entre poétique et politique. Par voie métaphorique, tout territoire peut correspondre à d’autres territoires, à d’autres situations dans le monde. Le témoignage fait entendre la voix et l’histoire des personnages qui qualifient le territoire et lui donnent une coloration subjective.
une exposition,
L’enjeu est de mettre en œuvre les activités du séminaire et de les associer dans l’espace commun de l’exposition. Ce faisant, une réponse sera apportée à la question : Faut-il – ou comment – faire entrer l’information politique, économique et sociale dans les lieux réservés à l’art ?
Des travaux de jeunes artistes, anciens étudiants ou étudiants en cours d’étude, rencontreront ceux d’artistes confirmés. Le parcours de l’exposition rendra visible deux orientations de la culture artistique contemporaine, deux mouvements d’actualisation. L’actualisation d’une dimension documentaire de l’art moderne passe par la photographie comme moyen d’enquête territoriale, entre centre et périphérie (Patrick Faigenbaum, Mikael Levin, Marc Pataut, Jeff Wall, les travaux des étudiants de l’atelier Pataut/Faigenbaum) ; par la peinture et le dessin (Yves Bélorgey, Anne-Marie Schneider, Mark Sadler), l’art conceptuel (Kostas Bogdanas) ; par le texte et le cinéma (Fernand Deligny, Marc Pataut, Sophie Haluk). La rhétorique du photojournalisme sera remise en jeu à travers le prisme de l’expérience autobiographique (Gilles Saussier, Yto Barrada). Les photomontages de Gérard Dalla Santa, réalisés à partir de ses propres images prises sur des chantiers de construction, proposent une représentation du travail revisitée par la tradition burlesque de Buster Keaton et Jacques Tati. Une actualisation de l’Arte povera, à partir de sa définition historique (Giuseppe Penone), dans les arts appliqués (Christine et Irène Hohenbüchler) et le textile en particulier (Eglé Bogdaniene), dans un dialogue politique joué avec la mode (Majida Khattari) ; dans la maison comme installation (Amal Saade, Florence de Comarmond), au croisement de l’intimité territoriale et de l’histoire (Elin Jakobsdottir). À partir de l’œuvre du pédagogue et poète Fernand Deligny (dont le film Le moindre geste sera présenté dans l’exposition) et de ses résonances dans des œuvres contemporaines, l’exposition mettra à jour la dimension psychique et infralinguistique du territoire (Marina Ballo-Charmet, Deligny, Gego, Anne-Marie Schneider, Lise Terdjman et Elisabeth Gerl).
Les œuvres proposées seront dans leur grande majorité inédites, conçues dans le processus du séminaire, produites spécialement pour la manifestation. Le parcours dans les salles traduira une diversité des territoires, qui va de la stricte définition géographique documentée à la reconstruction imaginaire, avec un parti pris de division spatiale au rez-de-chaussée et une plus grande fluidité à l’étage.
Parallèlement à l’exposition, une programmation de films élaborée par le séminaire sur le thème du personnage, transversal au cinéma documentaire et de fiction, sera proposée en collaboration avec l’association Documentaire sur Grand Écran.
… avec une revue
L’exposition est accompagnée d’un catalogue, constitué des cinq premiers numéros Des Territoires en revue, qui paraît depuis mai 1999. Cette revue rend compte des activités du séminaire et de l’évolution du projet autour de quatre mots-clés : pays, peuple, étrangeté, monde.
Le numéro 1 présente un historique du séminaire depuis 1994, un récit de la tentative engagée par Fernand Deligny en 1967 dans les Cévennes avec des enfants autistes ainsi qu’une visite au cinéaste israélien Amos Gitaï, originaire de Haïfa.
Le numéro 2, paru en octobre 1999, est conçu comme un ''journal des pays'' à plusieurs voix. Il présente trois territoires en situation et trois auteurs témoins : Marc Pataut à Tulle, Véronique Nahoum-Grappe au Kosovo et Majida Khattari à Casablanca.
Le numéro 3, paru en mai 2000, est axé sur la photographie et la question de la culture populaire ; il comprend une ''histoire en deux biographies'' d’Antonio Gramsci et Elio Vittorini, une enquête sur un quartier périphérique de Barcelone (le Besos) menée par l’historien Joan Roca et le photographe Patrick Faigenbaum ; des travaux et des réflexions sur le reportage de Gilles Saussier, Yto Barrada, Gérard Dalla Santa et Frédéric Delesalle.
Le numéro 4, paru en octobre 2000, présente le travail inédit d’un couple d’artistes lituaniens, Eglé et kostas Bogdanaï, Jeff Wall y parle de Vancouver et un ensemble est consacré au cinéma contemporain.
Le numéro 5, qui sera double, paraîtra au moment de l’exposition.
L’exposition sera reprise, développée et adaptée à l’étranger (Barcelone, Glasgow, Vienne…). L’activité engagée dans le séminaire se poursuivra à l’Ensba mais également dans un nouveau lieu d’expositions et de rencontres que Jean-François Chevrier entend ouvrir à Paris dans le courant de l’année 2002.
Commissaire : Jean-François Chevrier, avec la collaboration de Sandra Alvarez de Toledo
Scénographie : François Andrieux
Exposition ouverte tous les jours de 13 h à 19 h, sauf le lundi
Droits d’entrée : 25 F/3,81 € et 15 F/2,29 € (tarif réduit)
Catalogue constitué d’un coffret rassemblant les 5 premiers numéros Des Territoires en revue,
(illustrations couleur), 250 F/38,11 € le coffret
Responsable du service de la communication et des expositions : Laurence Maynier
Tél. : 01 47 03 50 74, Fax : 01 47 03 50 88, Mél. : laurence.maynier@ensba.fr
Chargée des expositions : Sophie Kaplan
Tél. : 01 47 03 50 72, Fax : 01 47 03 50 88, Mél : sophie.kaplan@ensba.fr
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Exposition
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LE SÉMINAIRE DES TERRITOIRES
Cinq ans (1994/1998) d’une tentative dans l’enceinte ouverte de l’Ensba.
Dans le prolongement des cours d’histoire de l’art de Jean-François Chevrier, un nouvel espace de réflexion s’est ouvert en 1994 à l’École nationale supérieure des beaux-arts (amphithéâtre des loges n° 1). Ce séminaire s’est donné comme projet d’interroger les rapports entre art et politique, art et information, ici, à Paris et ailleurs. Ce lieu de rencontre est ouvert à tous les publics, à tous ceux et celles qui souhaitent y intervenir : étudiants de l’école,artistes, intellectuels, acteurs de la société civile. Le premier objet de réflexion du séminaire fut le phénomène de la mondialisation, dans ses aspects économiques, financiers, en particulier et ses conséquences sociales et culturelles. En 1994, cette question n’avait pas encore touché le grand public et elle était encore tout à fait absente des débats sur l’art. Il fallait d’abord rassembler de l’information. Ont été invités des économistes, des sociologues, des philosophes, des animateurs d’associations, en prise avec les effets les plus négatifs de la mondialisation : chômage, précarité, perte des repères identitaires, montée du racisme, ségrégation urbaine, privatisation de l’espace public. Mais un autre regard a toujours orienté simultanément les débats, résumé dans une phrase d’Édouard Glissant ''Le monde envahit le pur pays et le chamboule.'' Car les territoires de l’art ne forment pas un pur pays. Ils vivent d’une tension permanente entre les expériences du proche en proche et celles du lointain. Au fil des questions, semaine après semaine, le lieu du séminaire s’est ainsi constitué ''terrain vague de savoirs, d’échanges incertains et même de projets''.
1998/2001 : un changement de rythme. Une revue, une exposition.
Depuis fin 1998, le séminaire travaille au projet de l’exposition (octobre 2001) qui a permis de concentrer et d’accélérer les présentations d’expériences et les débats. Une revue, dont 4 numéros ont paru à ce jour, en rend compte. Le premier numéro donne une chronologie complète des cinq premières années d’activité et les trois suivants témoignent des questions constamment reprises depuis 1999 : Comment l’art moderne et contemporain, avec la photographie et le cinéma, se situent entre les beaux-arts et les médias ; en quoi le témoignage peut être constitutif de la définition d’un territoire, au-delà des propos rapportés ou de la parole extorquée ; le ''regard selon l’écoute'' ; la mise en forme de l’espace public, urbain et politique ; comment se disent et se figurent la crise du travail et sa transformation dans les nouvelles sociétés industrielles ; comment les artistes peuvent répondre au brouillage de la question sociale et à l’ethnicisation des cultures ; comment penser l’humain après les camps et les génocides ; ''L’homme nouveau'' au temps de la bio-génétique ; les territoires de la folie.
Ces questions suscitent chaque mercredi des échanges d’opinions mais aussi des débats sur la forme des activités et des œuvres présentées.
Entre septembre et mars 2001, outre les collaborateurs réguliers du séminaire, sont intervenus notamment : François Chesnais (économiste), Christian Devillers (architecte), Jean Viard (sociologue), Alain Lebaube (journaliste), Raymond Depardon (photographe), Andrea Branzi (designer), Michel Brugière (Médecins du monde), Stefano Boeri (urbaniste), Michelangelo Pistoletto (artiste), Jean-Michel Belorgey (conseiller d’État), Philippe Genestier (sociologue de l’urbain), Melvin Charney (architecte), Elise Marienstras (historienne), Alain Lipietz (économiste et militant écologiste), Arlette Farge (historienne), Étienne Balibar (philosophe), David Harvey (géographe), Galia Bar’Or (directrice de musée), Saskia Sassen (urbaniste), Jean Thibaudeau (écrivain), Fariba Adelkhah (sociologue), Catherine Beaugrand (artiste), Hoda Barakat (écrivain), Lila Desquiron (ethnologue), Nurith Aviv (cinéaste), Amos Gitaï (cinéaste), Jean-Pierre Daniel (cinéaste), Thierry Garrel (producteur), Florence Pétry (éditrice), Jo Manenti (psychanalyste), Sophie Wahnich (historienne), Véronique Nahoum-Grappe (anthropologue), John Jordan (''Reclaim the street''), William Hayon (Diren Île-de-France), Susan George (Attac), Manée Teyssandier (Peuple et culture), Hamid Barrada (journaliste), Jocelyne Saab (cinéaste), Didier Daeninckx (écrivain), Geert Lovink (théoricien des réseaux informatiques), Nadia Tazi (journaliste), Joan Roca (historien), Bernard Latarjet (président du Parc de La Villette), Jacques Testart (biologiste), Servane Zanotti et Jean-Louis Raymond (école des beaux-arts du Mans), Sophie Bruneau (cinéaste), Frederick Wiseman (cinéaste), Rithy Panh (cinéaste), Cathy Couteau (productrice), Luc Baboulet (architecte), Thierry Dumanoir (Palais du Tau, Reims), Nicolas Frize (musicien), Alain Moreau (cinéaste), Klavdij Sluban (photographe), Marie Pezé (psychologue du travail), Sylvie Amar et Yannick Gonzalez (Bureau des compétences et désirs), Pascal Nouvel (biologiste), Alice Cherki (psychanalyste), Hélène Châtelain (cinéaste et éditrice), Daniel Buren (artiste), Pierre Bernard (architecte), Mark Sadler et Elin Jakobsdottir (artistes), Bertrand Ogilvie (philosophe), Jean Oury (psychiatre), Jacques Delcuvellerie (metteur en scène), Marie-France Collard (cinéaste), Yolande Mukagasana (écrivain), Jean-Louis Comolli (cinéaste et critique), Francesco Ballo (historien du cinéma), Petr Kràl (écrivain), Arno Stern (créateur du Closlieu), Christina et Irene Hohenbüchler (artistes), Alain Prochiantz (neurobiologiste).
Programme du séminaire pendant l’exposition ''Des territoires''
10 octobre. Jeff Wall. Dialogue avec Jean-François Chevrier sur les trois tableaux exposés (Citizen, A Villager…, Man with a Rifle) et quelques autres.
Depuis la fin des années 1970, Jeff Wall compose des tableaux photographiques qui actualisent l’histoire du ''théâtre peint'' en interprétant des choses vues ou des scènes fantasmatiques et fantastiques.
Les trois œuvres exposées font jouer un ''modèle néoréaliste'' et participent du ''presque documentaire''. Nous essaierons de définir ces notions, en discutant la figure de l’artiste narrateur. Ce dialogue prolongera la parution des Essais et entretiens de l’artiste aux éditions de l’École des beaux-arts.
17 octobre. À propos du numéro 71 de la revue Communications, paru fin septembre, intitulé ''Le parti pris du document'', sous la direction de Jean-François Chevrier et Philippe Roussin.
La séance devrait permettre un bilan critique de ce travail et proposer quelques pistes pour son élargissement. Nous essaierons de voir comment ''le parti pris du document'' dans l’art et la littérature du XXe siècle associe expérience, témoignage et récit, au-delà ou à travers les catégories documentaires. Interviendront
- Gilles Saussier : reportage et anthropologie.
- Sandra Alvarez de Toledo : les documents graphiques de la “tentative” de Fernand Deligny dans les Cévennes.
- Elisabeth Burgos et Annick Lemperrière : la réalisation du testimonio, Moi, Rigoberta Menchu, Paris, 1982.
- Luba Jurgenson : les Récits de Kolyma de Varlam Chalamov.
- Alain Ricard : Wole Soyinka, en écho à George Orwell.
- Philippe Roussin : La Condition ouvrière de Simone Weil.
Interviendront également Daniel Percheron, secrétaire de rédaction de Communications, l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe et la cinéaste Sophie Bruneau qui travaille dans le sillage de Frederick Wiseman.
24 octobre. À propos de l’installation de Marc Pataut, qui rassemble des documents ou traces des ''actions'' menées par l’artiste en collaboration, depuis le début des années 1980.
La séance sera divisée en deux parties correspondant à la plus ancienne et la plus récente de ces actions : uni travail dans un hôpital de jour en 1982-1983 et le projet avec l’association Peuple et culture dans le pays de Tulle depuis 1998. Aux images de l’hôpital de jour sera associé un travail mené en 1996-1997 avec les vendeurs du journal La Rue. Soit une autre réponse, analogue, à une autre situation de précarité, sociale et psychique.
Sur cet ensemble, interviendront les psychiatres Jean-Claude Pollack et Danielle Sivadon ; des historiens, anthropologues, médecins, éducateurs, Danielle Tartakowsky, Véronique Nahoum-Grappe, Antoine Lazarus, Pedro Meca...
Manée Teyssandier fera un bilan de l’action menée dans le pays de Tulle. Elle sera accompagnée de Jean Mouzat, maire de Chanteix et militant du MODEF, et de Dominique Fleygnac, militant de la Confédération paysanne. Nous essaierons de voir comment ces actions spécifiques, qui mettent en forme une information interactive, peuvent rencontrer des recherches d’alternatives socio-économiques ; en examinant notamment quelques propositions du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales).
31 octobre. État de l’enquête menée depuis deux ans par Patrick Faigenbaum et Joan Roca, ''Barcelone vue du Besòs'', dont une quinzaine d’images sont présentées dans l’exposition.
Joan Roca, historien et géographe, a mené des recherches importantes sur l’évolution urbaine du territoire de la métropole catalane. Il enseigne également dans un lycée expérimental du Besos, grande zone urbaine périphérique à l’extrémité maritime de la fameuse avenue Diagonal qui traverse la ville. Ce territoire fait aujourd’hui l’objet de vastes projets d’aménagement. Joan Roca montrera comment l’enquête menée avec Patrick Faigenbaum contribue aux débats démocratiques suscités par ces projets, en révélant un patrimoine populaire, des traces historiques et des données trop souvent invisibles, ou occultées, d’un paysage habité. En fin de séance, Cilles Saussier, accompagné du sociologue Sylvain Maresca, présentera en contrepoint une autre enquête, d’orientation anthropologique, menée par le photographe finlandais Jorma Puranen, depuis le milieu des années 1970, dans une petite communauté de lapons orthodoxes. Un autre type de situation d’information interactive, aux confins de l’Europe, apparemment loin des processus de métropolisation.
7 novembre. Un dialogue entre Amos Gitaï et Rithy Panh, cinéastes, auteurs respectivement de Wadi 1-2-3, 1981-2001 et Site 2, 1989 : deux films qui décrivent des enclaves territoriales et leurs habitants ; une vallée-terrain vague dans la ville de Haïfa en Israël et un camp de réfugiés cambodgiens à la frontière thaïlandaise.
Ces deux films font partie de la programmation présentée par le séminaire les 3 et 4 novembre au Cinéma des cinéastes, en collaboration avec l’association Documentaire sur grand écran. Le dialogue portera sur l’exploration de territoires et la constitution de personnages dans le film documentaire, sur le cinéma de l’exil, sur les formes et l’éthique du ''point de vue documenté'' (pour reprendre une formule de Jean Vigo), sur l’importance de l’écoute (le regard selon l’écoute), ainsi que sur les conditions ou la politique de production dans ce domaine de la création contemporaine.
Nous reviendrons sur les autres films de la programmation du Cinéma des cinéastes : Fortini/Cani de Jean-Marie Straub et Danielle Huillet ;
Berlin 10/90 de Robert Kramer ; Touki-Bouki de Djibril Diop Mambety ; trois courts-métrages de Pier Paolo Pasolini, dont Che cosa sono le nuvole ? ; Le Moindre Geste de Fernand Deligny, Jo Manenti et Jean-Pierre Daniel ; Black Harvest de Bob Conolly.
14 novembre. Bilan et perspectives de l’atelier de photographie animé depuis un an par Patrick Faigenbaum et Marc Pataut, présenté dans le hall d’entrée de l’exposition. Cet atelier, issu du séminaire, traite du thème ''Centre et périphérie'' dans ses aspects géographiques et socio-culturels.
En première partie, quatre jeunes artistes feront un point sur l’état et la direction de leurs recherches.
- Sakina Arrar parlera de son enquête sur la mémoire ''métropolitaine'' de la guerre d’Algérie, entre la ville-centre monumentale et ses banlieues ; pour ouvrir un débat sur le cinquantième ''anniversaire'' du 17 octobre 1961.
- Yto Barrada, Anaïs Masson et Maxence Rifflet présenteront leur expérience d’un atelier photographique avec des enfants de la rue à Tanger et des ''Jeunes errants'', immigrés clandestins du Maghreb à Marseille.
En seconde partie, seront esquissés les principes d’une coproduction avec la fondation ICAR, représentée par son directeur artistique, Rens Lipsius. Le thème de l’eau, à la jonction entre écologie, géopolitique et poétique, sera l’argument de cette collaboration, à laquelle pourraient s’associer divers partenaires institutionnels.
- Représentant la Direction régionale de l’environnement Ile-de-France, William Hayon signalera l’intérêt de ce thème dans la politique de classement et de protection de sites conduite par son administration. Il présentera quelques enquêtes photographiques, sur les zones humides en particulier, qu’il a récemment commanditées ; à paraître courant 2002 dans un ouvrage intitulé L’Ile-de-France comme métaphore.
- Maurice de Vaux, de la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) fera un exposé sur la géopolitique de l’eau dans le territoire national et à l’échelle des grandes régions du monde, dans l’espace méditerranéen en particulier.
21 novembre. À propos du diaporama de Gérard Dalla Santa, Crise du travail !, qui pourrait être intitulé aussi ''Chantiers'', puisqu’il montre des gestes d’ouvriers du bâtiment sur des chantiers de construction, ou encore ''Le travail (du) burlesque'', puisqu’il reprend dans un montage photographique le modèle du cinéma burlesque. Cette séance permettra de revenir sur la “crise du travail” qui transforme et hante les sociétés industrielles avancées, dites aussi ''post-industrielles'', confrontées à un chômage de masse, partiellement provoqué par une révolution technologique. Nous nous sommes souvent demandé comment, sous quelle forme, une activité artistique peut répondre à cette actualité et aux débats qu’elle suscite dans de multiples disciplines du savoir social.
Le burlesque, depuis Chaplin (Les Temps modernes) mais aussi Keaton (One Week en particulier), a été une critique du travail comme dressage du corps productif et comme fondement d’une utopie anthropologique de l’homme-machine (ou de l’homme nouveau). Dans sa réalité quotidienne, le travail productif, salarié, précaire ou asservi, a été bien différent de ces programmes. Aujourd’hui, même dans les contrées prospères, la nouveauté du ''travail libéré'' tarde toujours à venir, et, dans de nombreux secteurs d’activité, matérielle ou immatérielle, les conditions du travail réel se détériorent.
En contrepoint des images de chantiers peuplés exclusivement de travailleurs masculins, nous aborderons la question du travail des femmes ou du travail au féminin, en particulier à travers les œuvres de l’artiste lituanienne Eglé Bogdaniéné.
Gérard Dalla Santa a invité l’architecte Pierre Bernard, la psychanalyste Marie Grenier-Pezé et l’écrivain Petr Král, auteur de Le Burlesque et la morale de la tarte à la crème, qui croiseront trois approches, rarement associées, d’une même réalité sociale trop souvent occultée ou mystifiée Cette séance permettra à des intervenants des 17 et 24 octobre de reprendre et de développer leur réflexion.
28 novembre. Présentation du nouveau numéro de la revue de cinéma L’Image, le Monde, sous la direction de Patrick Leboutte, aux éditions Léo Scheer. Une expérience voisine et complice.
Contre ce qu’il appelle ''I’auteurisme de marché'', c’est-à-dire un cinéma d’auteur de plus ou en plus soumis à la standardisation des industries de la consommation culturelle, Patrick Leboutte propose cette alternative sous forme de question :''Existe-t-il encore des expériences cinématographiques affranchies du glacis culturel ? Existe-t-il des lieux, des démarches, des pratiques où le cinéma continue de se définir comme l’exercice et l’exigence d’un regard devenu geste ? Où s’exerce encore aujourd’hui une pensée du cinéma comme appropriation du monde ? - Depuis des mois, je cherche, je visite, je rencontre, je m’égare, je trouve parfois : du côté des propositions pédagogiques de Florence Lioret ou de Jean-Pierre Daniel inspirées du travail de Fernand Deligny, du côté du cinéma de l’essai, dans le compagnonnage de quelques documentaristes ou de quelques récalcitrants (Pazienza, Lehman, Rozier, Varda, Cavalier, Straub et Huillet) et parfois même du côté des écoles d’art.''
Cette séance nous permettra de revenir sur le film de Fernand Deligny et Jean-Pierre Daniel, Le Moindre Geste, auquel L’Image, le Monde consacre un important dossier, avec des textes de Sandra Alvarez de Toledo et Jean-Louis Comolli. Sont donc invités Jean-Pierre Daniel et Jean-Louis Comolli, mais aussi Jean-Paul Curnier, et Vincent Dieutre. Seront également projetés deux films réalisés par des artistes de l’exposition, Anne-Marie Schneider et Majida Khattari, qui nous permettront de mesurer la vitalité d’un cinéma “expérimental”, extérieur à la cinéphilie, pratiqué notamment par des femmes. Tendance dont témoigne dans l’exposition le film de Elín Jakobsdóttir, Sleeping Bag.
5 décembre. À propos de l’installation de Gilles Saussier, Méandres (Chatou-Dhaka). Ce double parcours, géographique et autobiographique, recoupe aujourd’hui l’actualité dramatisée par les événements du 11 septembre.
Une carrière de reporter a dévié de sou cours, par le jeu des circonstances, l’imprégnation d’un milieu ''exotique'' ? le Bangla Desh ? et un questionnement moral et politique. Ce questionnement s’est nourri de la crise de l’anthropologie, précipitée par la critique des fondements idéologiques du colonialisme.
Gilles Saussier souhaite revenir sur l’aspect productif de cette crise, Mais il souhaite surtout, au cours de cette séance, aborder une autre ''crise'', internationale, qui déborde manifestement le cadre d’une discipline scientifique. Les ambiguïtés de l’exotisme anthropologique renvoient à un ''désordre mondial'', qui se manifeste aujourd’hui comme une crise de l’empire postcolonial centré sur la puissance américaine. L’histoire du Bengale, brisée par la partition pakistanaise (et islamiste) et par les affirmations d’un fondamentalisme hindouiste, reflète successivement les partages coloniaux et postcoloniaux. Gilles Saussier veut maintenir et renforcer les échanges qu’il a depuis des années noués avec des acteurs de la culture contemporaine au Bangla Desh. Sont donc invités Layla Rukh Selim, professeur de sculpture au Fine Art Institute de Dhaka, et Toufiqur Rahman, responsables de la revue trimestrielle Art publiée à Dhaka.
D’autres invités interviendront sur la politique régionale (Inde-Pakistan) en fonction de l’actualité.
12 décembre. Cette séance, comme la suivante, reste à définir. Nous souhaitons faire un point sur l’expérience de l’exposition, sa réception, ses limites et ses perspectives. Nous souhaitons répondre à l’actualité d’une période de grande incertitude.
Comme Gilles Saussier, Majida Khattari, Yto Barrada, Sakina Arrar et bien d’autres souhaitent préciser une réflexion esquissée depuis longtemps dans le séminaire sur la politique des identités au croisement des différences de culture (ou de croyance) et de genre (masculin-féminin).
En prolongement de la séance du 21 novembre, nous reprendrons la question du travail au féminin, en repartant des œuvres exposées. Dans le domaine des activités artistiques comme dans les questions de territoires, tout est affaire de frontières et de traduction. Comment repenser les ''métiers'' de l’art, en évitant leur absorption dans un design généralisée, et sans céder aux urgences de l’information qui privilégient nécessairement les formes de type documentaire ? Nous avons distingué documents et documentaire. Mais de nombreuses œuvres de l’exposition se situent dans d’autres registres. Comment repenser la frontière particulièrement mouvante entre arts libres ou autonomes et arts dits ''appliqués'' ? Qu’est-ce que le travail de la main, quelle main ? Et un travail à plusieurs mains, comme le pratiquent Christine et Irene Hohenbüchler ?
19 décembre. Dans cette dernière séance, nous reviendrons sur l’œuvre de Varlam Chalamov, avec Hélène Châtelain, qui prépare l’édition complète des Récits de Kolyma à paraître chez Verdier au printemps prochain. En revenant à l’expérience écrite, remémorée, du Goulag chez Chalamov, nous souhaitons reprendre la question de la définition de l’humain après la terreur, les camps et les génocides du XXe siècle. Nous avons inscrit notre réflexion sur le témoignage et le récit dans ce contexte historique, sans négliger l’ordinaire, le quotidien, le ''non choisi'', comme dit Jeff Wall, des situations et des sociétés contemporaines plus protégées, sinon pacifiées.
Avec Hélène Châtelain, nous essaierons peut-être d’imaginer une Babel heureuse, sans la malédiction.
Migrant polyglotte mais attaché à sa ville natale, Glasgow, le jeune peintre Mark Sadler dialoguera avec Yves Bélorgey qui présente dans l’exposition des tableaux de monuments inconnus de l’ex-Europe communiste (Russie, Pologne, Lituanie).
Comme dans les séances précédentes, nous ferons jouer des rapports, des décalages entre géographie et langues, déplacements et traduction, approches, approximations et exils. Puisque les situations d’exil sont les plus impénétrables, celles auxquelles on ne peut avoir accès de l’extérieur, et qui caractérisent de plus en plus les populations migratoires d’un monde ''post-national''.
PROGRAMMATION CINÉMATOGRAPHIQUE
Programmation sous réserve de modifications, organisée dans le cadre de l’exposition
"Des Territoires" au Cinéma des cinéastes
•Samedi 3 novembre 2001
-11 h : "Fortini/Cani",de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, 1976,83 minutes.
-14 h ou 14 h 30 : "Berlin 10/90",de Robert Kramer, 1990,64 minutes.
Projection suivie d’un débat.
-18 h : "Touki-Bouki",de Djibril Diop Mambety, 1973,110 minutes.
-20 h 30 : "Wadi 1/2/3" (TK, de Amos Gitaï,
1980-1990-2000 (TK), 180 minutes.
•Dimanche 4 novembre :
-11 h : De Pier Paolo Pasolini :
"Che cosa sono le nuvole ?(Qu ’est-ce que les nuages ?)", 1967,22 minutes ;
"Le mura di Sana (Les murs de Sanaa )", 1970,14 minutes et
"La forma della città (La forme de la ville)",
1974,16 minutes.
Projections suivies d ’un débat.
-14 h 30 : "Site 2",de Rithy Panh, 1989,91 minutes.
-18 h : "Le moindre geste", de Fernand Deligny, Jo Manenti et Jean-Pierre Daniel, 1971,96 minutes. Projection suivie d’un débat.
-21 h : Black Harvest, de Bob Connoly, 1992,90 minutes.
Le cinéma des Cinéastes
7 avenue de Clichy, 75017 Paris
Tarif préférentiel les 3 et 4 novembre : 90 F pour la journée.
Tarif à la séance 32 F ou 37 F
Cette programmation a été réalisée en collaboration avec l ’association Documentaire
sur Grand Ecran (DSGE)
52,avenue de Flandres,75019 Paris
Tél :01 40 38 04 00
Fax :01 40 38 04 75
Mél :dsge@aol.com
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Les artistes

Biographie des
artistes
| Ballo-Charmet |
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Marina Ballo-Charmet est photographe, vidéaste et psychothérapeute pour enfants.
Son travail d’artiste s’inspire directement de sa pratique de thérapeute et d’une perception du monde extérieur orientée par l’expérience psychanalytique.
En 1995 elle publie un premier livre, Con la coda dell’occhio, fait d’une soixantaine d’images de trottoirs abîmés, effondrés, comme on en trouve (le plus souvent sans les voir) dans les zones laissées pour compte par l’aménagement urbain. Ces espaces résiduels sont également une métaphore du psychisme : images mises en marge, écartées, exclues des processus conscients. Ces images tirées en grand format feront par ailleurs l’objet d’une exposition.
Ce travail autour de la représentation d’une perception non dirigée, non maîtrisée par
l’intentionnalité, la conduit ensuite à trois séries d’images à la fois indépendantes et susceptibles d’être mises en rapport dans l’espace (comme elles le furent dans son exposition au Centre national de la photographie en 1999) : un ensemble de gros plans de bustes vêtus (tête hors champ), une série de ''coins'' de son appartement et une série d’images
d’immeubles milanais (d’après guerre) photographiés en contre-plongée. Les bustes et les ''coins'', comme les trottoirs, semblent faire l’objet d’un regard absent, flottant ; un regard qui échappe au regardeur, tandis qu’une conversation se déroule autour de lui. Ils sont également le lieu de la respiration, d’une vie antérieure au langage et indépendante de la communication par le langage. Ce sont ces photographies qui sont exposées dans Des Territoires.
Après avoir pris connaissance des ''lignes d’erre'' de Fernand Deligny (cartographie des
gestes et déplacements d’enfants autistes), également présentées dans l’exposition, Marina Ballo-Charmet réalise par ailleurs une série de vidéos intitulées Passi leggeri. Tandis qu’elle parcourt son appartement avec la distraction de l’habitude, la caméra, attachée à la hanche, enregistre des images qui accompagnent son trajet sans être dans son champ visuel ; images de sol, d’objets, de pans de mur ou de lumière balayés ''au passage'' comme autant d’images psychiques et sensuelles, révélées par un regard guidé par le corps. Le bruit fort des pas à
travers les pièces, épaissi du bruissement des vêtements et de la rumeur ambiante, ajoute aux images l’inquiétante étrangeté du paysage sonore quotidien. Ces vidéos sont également présentées dans Des Territoires.
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Repères biographiques
Née à Milan en 1952. Vit et travaille à Milan.
Expositions personnelles (sélection)
1990 Galerie Il Diaframma, Milan (Italie)
1992 Galerie de la Mairie, Graz (Autriche)
Il Limite, Association culturelle italo-française, Bologne et Bari (Italie)
1994 Galerie Cons Arc, Chiasso (Suisse)
1995 Con la coda dell’occhio, Galerie Musée Arge Kunst, Bolzano (Italie)
1996 Con la coda dell’occhio, Fondation Mudima, Milan (Italie)
1998 Rumore di fondo, Musée Civique Palazzo Gambalunga, Rimini (Italie)
Rumore di fondo, ex-Palazzo Civico, Rubiera (Italie)
Coincidenze (avec S. Fadda), Espace Viafarini, Milan (Italie)
1999 Centre national de la photographie, Paris
Centre régional de la photographie, Douchy-les-Mines, Nord-Pas-de-Calais
Trilogie 9 Rocca Paolina, Pérouse (avec U. Egger et K. Tagliatti) (Italie)
2000 Interni-Esterni, Galeri 7, Bologne et Galerie Martano, Turin (avec A. Barone et
P. Fresia) (Italie)
Expositions collectives (sélection)
1992 Lo spessore dello spazio, Galerie del Credito Valtellinese, Milan (Italie)
1993 Mois européen de la culture, Stadgesiche, Graz (Autriche)
Mai de la photo, Reims
Archivio dello Spazio 2, Palais Isimbardi, Milan (Italie)
1994 Cityscapes, Galerie Monica de Cardenas, Milan (Italie)
1995 Annés 90, art à Milan, Galerie del Credito Valtellinese, Milan (Italie)
Archivio dello Spazio 3, Palais Isimbardi, Milan (Italie)
La normalité subversive du regard, Biennale de photographie, Institut italien de
la culture, Montréal, (Canada)
Encontros de Imagem, Braga, (Portugal)
1996 Obiettivi soggettivi, Fondation Bevilacqua La Masa, Venise (Italie)
1997 Venezia-Marghera, Biennale de Venise (Italie)
Institut Suor Orsola Benncasa, Naples (Italie)
Archivio dello Spazio 1987-1997, Palais de la Triennale, Milan (Italie)
1998 Centre canadien d’architecture, Montréal, (Canada)
Pagine di Fotografia Italiana, Galerie dell Gottardo, Lugano (Suisse)
1999 Le corps absent, Steyr (Autriche)
L’occidente imperfetto, Biennale internationale de photographie, Turin (Italie)
2000 Futurama, Art en Italie, Musée Pecci, Prato (Italie)
Luoghi come paesaggi, Galerie des Offices, Florence (Italie)
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| Barrada |
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Le détroit
''En arabe comme en français, détroit conjugue étroitesse (dayq) et détresse (mutadayeq). Par temps clair l’horizon des côtes marocaines est espagnol, mais le détroit [de Gibraltar] est devenu le plus grand cimetière marocain. 30 000 personnes ont tenté la traversée du détroit, la moitié a échoué mais recommencera. Cette immigration diffère de celles qui l’ont précédée. Elle a son vocabulaire, ses légendes, ses chansons et ses rituels. On ne dit plus ''il a émigré'' mais h’reg : ''il a brûlé'' – ses papiers, son passé. Les exploits des brûlés courent les rues, leurs récits attisent la tentation de l’ailleurs. Enclave oubliée des investisseurs nationaux, Tanger est devenue la ville-butoir de milliers d’espérances. Plutôt que la nostalgie d’une ville-ghetto internationale, je voudrais montrer l’inscription de cette obstination du départ qui marque d’abord un peuple.
La désillusion et le désenchantement travaillent la ville et s’inscrivent comme une dissonance dans l’espace urbain. Une population, celle du Nord du pays a fait le deuil de ses espoirs
d’émancipation. C’est alors que le rêve de départ de chacun, celui de tous, résonne comme une conspiration, celle d’un pays qui, sans bruit, se prépare à se vider. Les incertitudes d’une mutation économique et sociale comme celle que nous vivons au Maroc appellent des travaux de type documentaire. La question de la modernité reste entière et le choix de la ville de Tanger et de sa périphérie est une façon de la poser.
Ce qui m’a toujours intéressée c’est l’étrange et l’étrangeté. Je ne fais pas toujours clairement le partage entre ces deux idées. Je suis nécessairement mal adaptée au photojournalisme qui ne peut pas accepter ce genre de flottement. L’étrangeté doit rester limitée au sujet et le sentiment d’étrange ne doit pas franchir les bornes d’une étroite idée de l’information. Quand je photographie les candidats à l’exil, je ne peux pas ignorer que je suis dans la ville natale de mon père, où ma mère est venue se perdre. Je ne cherche pas à dramatiser la tentation et les dangers du départ. En revanche, je n’ai jamais vraiment bien su moi-même où je suis quand je parcours cette ville, dans quelle histoire.
Je peux photographier tous les habitants qui veulent la quitter mais, moi, j’y reviens toujours et j’y vis dans le confort de la maison maternelle. Dans mes images, j’exorcise sans doute la violence du départ (des autres) mais je me remets dans la violence du retour (à la maison). L’étrangeté est celle d’une fausse familiarité. Je photographie des tentations et non pas d’ailleurs de véritables tentatives – à la façon du reportage –. Dès que je suis de retour à Tanger, je suis de nouveau en état d’absence, je m’absente. Il y a peut-être un rapport entre cette expérience très personnelle et la situation d’une population qui cherche à partir du pays, qui n’y a pas trouvé sa place. J’ai commencé à photographier la maison de ma mère, la violence des rapports domestiques et bien sûr, j’y retrouve au plus proche, bien plus proche, le peuple qui rêve d’absence.''
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Repères biographiques
Née à Paris en 1971, de nationalité marocaine.
Formation
1995 Licence d’histoire Sorbonne-Paris IV, Paris
1997 Assistante de production au studio de Gilles Peress, Magnum
Assistante de production de la série documentaire Trauma, New York Times TV
International Center of Photography, New York
1998 World Press Joop Swart Masterclass (Netherlands Foto Instituut, Rotterdam)
Atelier de réalisation de films documentaires (Les Ateliers Varan)
1999-2000 École des hautes études en sciences sociales (Anthropologie visuelle,
Marc Augé/J.P. Colleyn)
Expositions
1996 Arts Gallery, New York
1998 Institut du monde arabe, Paris
Projection aux Voix-off, Arles
1999 The Brickhouse, Londres
Carrousel du Louvre, Paris
Musée de la photographie, Charleroi, Belgique
Les 4 Mains, Espace d’art contemporain, Manosque
Galerie Nikki Diana Marquardt, Paris
Friche de la Belle-de-Mai, Marseille
Laif-Photogalerie, Cologne, Allemagne
2000 Galerie Olga Soe / Prix Kodak de la critique
2001 Institut français de Tanger-Tétouan
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| Bélorgey |
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Yves Bélorgey vit et travaille à Lyon. Son travail de peintre s’est fixé sur le paysage architectural des villes et des banlieues, tant en Europe qu’aux États-Unis.
Une grande partie de ses œuvres figure dans les collections publiques : Fnac, Frac Rhône-Alpes, Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, Frac Bretagne.
''Je peins des monuments impossibles. Je me suis inventé une commande fictive. Représenter ces immeubles comme des monuments d’un projet social révolu (le confort minimum pour tous, une collectivité d’égaux dans le logement) qui imposent encore le silence. Mais on en parle beaucoup et ils sont habités. Cette grande chose abstraite sur laquelle on bute est indissociable de ses habitants. L’immeuble est monument habité. Il m’attire et m’absorbe.
[…] Anti-objet par excellence, l’immeuble habité n’est pas exposable. Monument impossible, comme l’immeuble, le tableau tend à sortir du champ de l’art et de l’autocélébration picturale. Et s’il est indissociable du spectateur, la question qu’il pose s’adresse finalement au spectateur : qui es-tu ?
En Russie, […] en Pologne également, j’ai fait beaucoup de repérages photographiques. Dans Des Territoires, je préfère que l’on s’en tienne aux tableaux.
J’utilise le modèle du document photographique, je pars de la photo, mais c’est dans le tableau que se formulent les questions posées par les immeubles-monuments.''
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Repères biographiques
Né en 1960. Vit et travaille à Lyon.
Formation et bourses
1982 Licences en droit et en histoire de l’art. Élève libre à l’École des beaux-arts de Lyon
1986 Bourse de l’OFAJ. Voyage en Allemagne (Düsseldorf, Cologne)
1991 Bourse du Fiacre. Séjour à la Villa Arson, Nice
1992 Bourse Racine du ministère des affaires étrangères. Travaille à Düsseldorf
1993 Travaille à Marseille
1996 Voyage à Moscou et à Saint-Pétersbourg
1998 Séjour à New York : atelier en résidence International Studio Program
(Fiacre, AFAA)
Expositions personnelles (depuis 1994)
1994 L’Estaque, aéroport Marseille-Provence
1997 Saint-Priest octobre 1997, centre d’art contemporain de Saint-Priest (cat.)
2000 Mamco, Genève
Expositions collectives (depuis 1994)
1995 Artistes Architectes, Nouveau Musée Institut, Villeurbanne
1996 Vœux communs, Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille
(avec Niek Van de Steeg)
Ping Pong, Espai 13 – Fondation Miró, Barcelone
Coïncidences, Institut français d’architecture, Paris
1998 Voyage, Musée de Valence (cat.)
Tableaux d’une histoire, Villa Arson, Nice (cat.)
Aller-Retour, Kunstverein Bonn (cat) – Saarbrücken et Kiel en 1999
1999 Hypothèses de collection, collection du Frac Provence-Alpes-Côtes d’Azur,
musée du Luxembourg, Paris
Corps social, Ensba, Paris
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| Bogdanaï |
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Eglé et Kostas Bogdanaï sont lituaniens. Ils vivent et travaillent à Vilnius. Il enseigne la peinture et elle, le textile à l’Académie des beaux-arts. Le travail personnel de Kostas est d’esprit conceptuel et celui d’Eglé appartient au domaine des arts appliqués. Tout les sépare et tout les réunit (ils sont mariés et ont deux enfants).
Leurs approches de l’art sont opposées et complémentaires. L’esprit spéculatif de Kostas influe sur le travail textile d’Eglé, qui se rapproche ainsi de l’Arte povera en échappant à
l’artisanat. On peut suivre chez Kostas un fil autobiographique qui le relie, sur un mode ironique, aux sculptures de son père, qui fut un artiste officiel du régime soviétique en Lituanie. L’humour de Kostas a son pendant chez Eglé. Ils débattent inlassablement, à travers leur propre exemple, des relations entre homme et femme.
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Dans l’exposition Des territoires, ils montrent pour la première fois un travail ''commun'', bien que distribué dans deux espaces ''séparés''. Le visiteur rend visite au couple lituanien ; mais Vilnius n’apparaît pas directement. Le territoire
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KOSTAS BOGDANAS
Repères biographiques
Né en 1961 à Vilnius, (Lituanie).
Formation
1979-1985 Études à l’Institut national d’art (aujourd’hui l’Académie des beaux-arts) de
Vilnius. Diplôme du département de peinture
1985-1989 Travaille au Musée d’art Lituanien, dans le département d’art contemporain
(directeur adjoint de 1988 à 1989)
1989-1994 Dirige le département des relations internationales de l’Association des artistes lituaniens et organise des expositions, séminaires, ateliers, etc.
Depuis 1993 Enseigne à l’Académie des beaux-arts de Vilnius et participe à l’activité du
Centre d’art contemporain de Vilnius, comme commissaire et coordinateur
Depuis 1994 Dirige le Bureau des relations internationales de l’Académie des beaux-arts
Expositions personnelles
1991 Peintures, École culturelle, Vilnius
1998 I am an artist, Action postale
1999 Installations, Galerie Lietuvos aidas, Vilnius
2000 Projet pour le magazine culturel Kulturos barai, Vilnius
Expositions collectives (sélection)
1988 Exposition de 4 artistes baltes, Youth, Palais des expositions, Vilnius
1989 Exposition de jeunes artistes lituaniens, Galerie Ferenczy, Szentendre (Hongrie)
1993 Groupe 48, Galerie Lietuvos aidas, Vilnius
1994 Anatomie du vampire, Galerie Akademija, Vilnius
1995 Autour du document, Galerie Jutempus, Vilnius
1996 Subordination, Centre d’art contemporain, Vilnius
1997 Art Lituanien 97/Les galeries présentent, Centre d’art contemporain, Vilnius
1998 Tout ce qu’il y a d’humain et nécessaire, Galerie Lietuvos aidas,Vilnius
Sohle 1, Galerie de la Ville, Bergkamen (Allemagne)
Le différent/le même, Galerie d’art de Bergen (Norvège)
1999 Comment être heureux, Centre d’art contemporain, Vilnius
Identification et Appartement 99, projets dans les transports publics
(trolleybus) et des appartements de Vilnius
2000 Marseille-Vilnius-Varsovie, Académie des arts, Varsovie (Pologne)
EGLÉ BOGDANIENE
Repères biographiques
Née en 1962 à Vilnius, (Lituanie).
Formation
1980-1985 Études à l’Institut national d’art (aujourd’hui l’Académie des beaux-arts)
de Vilnius. Diplômée du département de textile
Depuis 1987 Participe à de nombreuses expositions en Lituanie et à l’étranger (Écosse,
Estonie, Suède, Pologne)
Depuis 1991 Enseigne dans le département textile de l’Académie des beaux-arts de Vilnius
Depuis 1999 Membre de l’Association des artistes lituaniens
Expositions personnelles
1996 Textile à partager. Galerie Langas, Vilnius
Jolie vue. Les trois Eglé. Galerie Akademija, Vilnius (en compagnie de
E. Pukyte et E. Babilaite)
Expositions collectives (sélection depuis 1995)
1996 Arts Appliqués’ 96, Centre d’art contemporain, Vilnius
3e Colloque international sur les mini-textiles Flax. Le même, mais différent,
exposition, Galerie Arka, Vilnius (Lituanie)
Textiles’ 96, Kaunas Picture Gallery, Kaunas (Lituanie)
1997 Triennale d’arts appliqués de Tallinn (estonie)
Choses inutiles, Musée d’arts appliqués de Tallinn (estonie)
Exposition de textile dans le cadre des journées lituaniennes de Die (France)
1998 Choses libérées, Centre d’art contemporain, Vilnius (Lituanie)
Colloque international Felt’ 98, Anyksciai (Lituanie)
1999 Autoportraits, Galerie de l’Association des artistes lituaniens, Kaunas
(Lituanie) ; Art Gallery de Panevezys (Lituanie)
Dix ans de mini-textiles, Galerie d’arts appliqués, Vilnius (Lituanie)
Coupe, Galerie d’arts appliqués, Vilnius (Lituanie)
2000 Un amour de naphtaline, Galerie de l’Association des artistes lituaniens,
Kaunas (Lituanie)
Futur et Tradition, Centre d’art contemporain, Vilnius (Lituanie)
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| De Comarmond |
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L'installation de Florence de Comarmond, Un autre pays, se présente comme un décor, avec tout ce que l'idée de décor peut évoquer de virtuel. La maison de l'île natale, Madagascar, s'est déplacée sur une autre mer, la mer Noire, aux confins de l'Europe, comme un refuge flottant dans une géographie imaginaire. À ces éléments métaphoriques et très schématiques fait écho une série de noix de coco ouvertes attachées à des panneaux verticaux (parois d'une habitation à échelle humaine ?). Ces fruits africains associent la survie et la fertilité dans un ordre ornemental et magique. Tout pays d'origine peut devenir un territoire imaginaire, fabriqué, virtuel, un « autre pays ».
Dans l’installation de Florence de Comarmond, qui n’a rien de documentaire, il y a une justesse des métaphores pour dire la dérive insulaire du pays natal, Madagascar, comme la coque vide d’un fruit magique, depuis le large de l’Afrique jusqu’aux confins de l’Europe, symbolisé par la mer Noire. Le parti pris du document est aussi pour nous un parti pris géographique et géopoétique. c’est une façon de révéler des processus d’appropriation territoriale : ces “mondes” subjectifs, individuels ou collectifs, qui se construisent avec des bouts de territoires, plus ou moins encrés ou flottants, avec des morceaux de géographie, avec des radeaux. Choisir entre “le monde est un” et “à chacun son monde” est une alternative inacceptable.
“La zone mer Noire est emblématique de la situation de zones géographiques à la fois décentrées et méconnues de l’occident qui cristallisent et concentrent les problématiques internationales issues de la guerre froide et de la fin du communisme. C'est une zone à risque, une zone où les violences "ethniques" sont majeures et où les conflits à un niveau global se sont transférés au niveau local. “Pontus euxinus” (mer hospitalière), c’est le nom que les grecs avaient donné ironiquement à la mer Noire.
L’installation Un autre pays qui joue de l’architecture, du déplacement et de l’exotisme, fait suite aux textes publiés dans le n° 2 de la revue qui accompagne cette exposition . Il est question dans ces textes de l’Afrique et de sa diaspora, de l’impossibilité des pays pauvres d’atteindre un niveau de vie soutenable. Cela conduit leur population, on le sait, au péril de leur vie, à tenter de franchir les limites des forteresses occidentales. L’actualité s’en fait souvent l’écho. Quand un jeune garçon de quinze ans, Bertrand, en janvier 1999, fait le voyage clandestinement de Dakar vers l’Europe dissimulé dans le train d’atterrissage d’un avion (il a survécu), quand des étudiants marocains se noient dans le détroit de Gibraltar.
Quand je découvrais et photographiais en 1997, rue du Landy, à la Plaine Saint Denis, des noix de coco dans un terrain-vague arboré derrière une usine désaffectée : ce sont des vestiges de rituels magiques, d’une Église Africaine qui abritait secrètement le désespoir politique d’une partie de la diaspora africaine, aggravé par son exclusion de la société française .
J’ai donc choisi, pour cette exposition, d’opérer un renversement par rapport à la notion de pays et de territoire (comme par ailleurs par rapport à la notion d'identité culturelle et d'appartenance nationale). Le territoire intérieur que s’invente les exilés, les déplacés, les réfugiés politiques et économiques (les clandestins) ne fonctionne t’il pas comme un creux, celui de l’absence de “mère patrie” ? De même qu’en psychanalyse l’absence physique ou psychique de la mère crée un “trou psychique” mélancolique. Ce territoire pourrait être celui de la mer Noire comme “un autre pays” ou un extrême radeau (puisqu’il est en même temps une mer).
Sur ce radeau de mousse synthétique , on peut donc s’étendre, à l'abris d’un refuge, comme le ferait un possédé après une danse de transe pour fuir les esprits déchaînés. Deux cloisons sont posées comme une impossible architecture, recouvertes de noix coupées et évidées comme des hauts parleurs, des bouches à crier, nourrir ou chanter. “
1 La voix, les ancêtres et La faim, la souillure in “Des territoires en revue”, n° 2, oct. 1999, éd. Ensba.
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Née en 1963 à Antananarivo (Madagascar). Vit et travaille à Paris.
1988 Institut des langues et civilisations orientales, Paris
1991 Diplôme de l’École nationale supérieure des beaux-arts,Paris
Expositions personnelles
1993 Chutes et Mains, atelier 233, rue Lafayette, Paris
1999 Conflit interne, Galerie Martine et Thibault de la Châtre, Paris
Expositions collectives
1995 Elsa Ruef, Florence de Comarmond, Galerie du Crous Beaux-Arts, Paris
1998 Le vaudou entre Saint-Denis, Haïti et le Brésil, séance-performance, séminaire de Jean-François Chevrier, Ensba, Paris
1999 Des Actualités, Vitrine Matignon, Galerie Martine et Thibault de la Châtre, Paris
2000 TransFormAction, L’Atelier sur l’Autoroute, La Plaine Saint-Denis
Sortir la tête : Une ''tentative'' de Marc Pataut, Tulle
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| Deligny |
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De la fin des années 1930 au milieu des années 1950, Fernand Deligny (1913-1996) est instituteur et éducateur : il prend en charge des enfants et des adolescents délinquants ou psychotiques dans le cadre d’institutions (asile, écoles, associations) dont il tente d’infléchir les règles. Son activité s’inscrit alors en marge de l’éducation nouvelle (issue de Célestin Freinet), de l’éducation populaire et de la psychothérapie institutionnelle.
À partir de 1967, un concours de circonstances le conduit à fonder avec des non spécialistes un ''réseau'' alternatif d’enfants autistes entre Saint-Hyppolite-du-Fort et Monoblet, dans les Cévennes. Il met alors en place une organisation extrêmement originale, dont le but n’est pas de soigner l’autisme, mais de lui donner une possibilité d’existence et de reconnaissance. Les enfants vivent et participent aux activités quotidiennes du réseau ; ''singulière ethnie'' que ce groupe d’autistes vivant à l’air libre, construisant ses abris, fabriquant son pain, puisant son eau. L’image est celle du ''radeau'', dont Deligny oppose le bricolage souple et résistant aux murs contraignants de l’asile psychiatrique : ''Un radeau, vous savez comment c’est fait : il y a des troncs de bois reliés entre eux de manière assez lâche, si bien que lorsque s’abattent les montagnes d’eau, l’eau passe à travers les troncs écartés (…) Il faut que le lien soit suffisamment lâche, et qu’il ne lâche pas.''
Dans le cours de cette vie quotidienne, Deligny invente quelques pratiques qui cherchent à faire apparaître ce qu’il appelle le ''territoire du commun hors langage'' :
Le cinéma, comme outil pédagogique et expérimental, a toujours été au cœur de ses recherches : en 1971, la Semaine de la Critique à Cannes présentait Le moindre geste, tourné dans les Cévennes au début des années 1960, avec pour personnage principal Yves G., psychotique profond pris en charge par Deligny. Ce film xtraordinaire, en marge des productions cinématographiques contemporaines autour de l’''antipsychiatrie'', résume parfaitement les positions de Deligny sur la folie, entre pédagogie et poésie. À l’endroit où il est projeté dans l’exposition (en vidéo), Le moindre geste assure le passage entre les territoires géographiques et autobiographiques du rez-de-chaussée et les ''territoires psychiques'' du premier étage.
Les adultes traçaient quotidiennement ce que Deligny a appelé des ''lignes d’erre''. Ces
cartes, tracées tantôt sur calque et tantôt sur papier mat, rendaient compte des parcours des enfants autistes dans le territoire de leur vie quotidienne. Le moindre de leurs gestes ou de leurs déplacements trouvait là une transcription destinée à ''voir'' plus qu’à interpréter l’autisme. Les calques sont montrés sur des tables lumineuses et les tracés sur papier mat sur des cimaises.
Des photographies documentaires ont été prises dans les années 1970. Ces images de petite taille, en noir et blanc, donnent une idée précise, sans compassion ni voyeurisme, de la vie quotidienne du réseau. Elles sont exposées dans des vitrines.
Fernand Deligny est l’auteur d’une vingtaine de livres. Les premiers, écrits pendant la période ''pédagogique'', sont des récits. Les autres sont, au même titre que les films et les lignes d’erre, des outils de réflexion, théoriques et poétiques, sur la ''vacance du langage''. Des extraits de ces textes sont reproduits sur les murs et les cimaises.
Une série de grandes images en couleur, imaginées et produites collectivement, donne une vision contemporaine et distanciée des ''territoires de Deligny''. Trois territoires forment le décor de ces images : Lille et sa région, où Deligny passa son enfance, connut ses premières expériences institutionnelles et pédagogiques (asile d’Armentières), le Vercors, où il ''prend le maquis'' avec quelques-uns des membres de l’association la Grande Cordée, en 1954 et les Cévennes, territoire de l’autisme.
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Repères biographiques
1913 Naissance à Bergues, près de Lille. Après la mort de son père, il passe son enfance
à la Citadelle de Lille, avec sa mère, employée de la Banque de France.
1924-1934 Fréquente le Lycée Faidherbe à Lille, puis interrompt ses études supérieures
(khâgne, puis l’université de philosophie et psychologie). Stagiaire à l’asile
d’Armentières.
1935-1938 Est affecté au poste d’instituteur suppléant dans une classe de perfectionnement
à Paris, dans le XIIe arrondissement, puis à Nogent. Adapte les méthodes
Freinet. Retourne à Armentières après avoir obtenu un Certificat d’aptitude à
l’enseignement des enfants arriérés.
1938-1943 Est nommé instituteur spécialisé à l’asile d’Armentières. Mobilisé de septembre
1939 à juillet 1940. En 1943, est détaché comme conseiller pédagogique au
Commissariat à la Famille. Ouvre des foyers de prévention de la délinquance
dans le vieux Lille.
1944-1945 Prend la direction du Centre d’observation et de triage de la région du nord.
1946 Est nommé délégué régional de Travail et Culture pour la région du nord.
1947 Création à Paris de l’association La Grande Cordée, qui reçoit en cure libre des
adolescents délinquants et/ou psychotiques.
1954 Séjour avec les membres de la Grande Cordée dans le Vercors.
1955-1962 Fin de la Grande Cordée. Deligny quitte définitivement Paris avec quelques-uns
de ses acolytes de la Grande Cordée. Ils vivent quelque temps en Haute-Loire,
dans l’Allier, puis dans les Cévennes.
1963-1964 Tournage de ce qui deviendra Le moindre geste dans les Cévennes avec, dans le
rôle principal, Yves G., psychotique pris en charge par Deligny depuis l’Allier.
1965-1966 Deligny est invité par Jean Oury à la Clinique de La Borde. Rencontre avec
Janmari, autiste “ pur ”.
1967 Départ pour les Cévennes. Après un séjour chez Félix Guattari, à Gourgas,
Deligny s’installe dans une ferme à Graniers. Mise en place progressive d’une
expérience alternative avec des enfants autistes. Les adultes (“ présences proches ”)
qui accompagnent Deligny sont des non-spécialistes, anciens ouvriers, fermiers,
marginaux.
1969 Premières cartes et lignes d’erre tracées par les “ présences proches ”.
1971 Présentation à la Semaine de la Critique, à Cannes, de Le moindre geste, monté
par Jean-Pierre Daniel.
1974 Tournage de Ce gamin-là, documentaire sur le réseau des Cévennes centré sur
Janmari, réalisé par Renaud Victor.
1989 Tournage de Fernand Deligny. À propos d’un film à faire, réalisé par Renaud
Victor.
1996 Mort de Fernand Deligny.
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| Faigenbaum |
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Né à Paris en 1954, il y vit et y travaille. Il étudie la peinture et le graphisme de 1969 à 1973. Son œuvre est habitée, depuis ses débuts de photographe en 1973, par la représentation de la figure humaine. Après avoir réalisé des portraits de ses proches, il entreprend en 1984 à l’occasion de plusieurs séjours en Italie, notamment à Florence, Naples et à Rome où il est boursier de la Villa Médicis en 1987, de photographier les descendants des familles illustres qui marquèrent la Renaissance italienne. Son travail porte sur le groupe, la généalogie et le rapport qu’entretiennent les gens avec les autres membres de leur famille et leur lieu de vie. De novembre 1996 à mars 1998, il était invité comme ''artiste en résidence'' à Brème par le Neuen Museum Weserburg pour réaliser un travail sur la ville et certaines de ses images ont été présentées à la Documenta X.
En 2000 et 2001, Patrick Faigenbaum a été invité à animer avec Marc Pataut un atelier de pratique photographique à l’Ensba. Les travaux de cet atelier ont été réalisés dans la perspective de l’exposition Des territoires dans laquelle ils occupent une place importante.
''À partir du séminaire de Jean-François Chevrier et de l’exposition Des territoires, nous
co-animons avec Marc Pataut un atelier de pratique photographique autour des
thèmes : centre/périphérie/monuments. L’atelier explore les rapports centre/périphérie avec comme objet de départ le monument. Qu’en est-il de cet objet lié à la centralité lorsque l’on regarde du côté de la périphérie ? Ici à Paris dans notre situation, celle d’une école nationale supérieure située au centre historique de la ville capitale.''
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Repères biographiques
Né en 1954 à Paris où il vit et travaille.
1967 Premières peintures
1968 Écoute de Bob Dylan, mort du père
1969 Un an dans une école d’art, rue du Mail, Paris 2e
1970-1973 Formation dans une école d’art graphique, l’ESAM
1971-1973 Découverte du jazz et premiers travaux photographiques
1977 Voyage aux États-Unis ; rencontre avec Bill Brandt, Richard Avedon et
W.E. Smith ; lecture de Kafka
1984-1985 Séjours à Florence (1ère étape du projet sur les grandes familles italiennes)
1985-1987 Pensionnaire à l’Académie de France à Rome
1990-1994 Séjour à Naples et Prague
1996-1998 Séjour à Brême sur invitation du Neues Museum Weserburg
Premiers travaux en couleurs
1998 Séjour à Saint-Raphaël dans le cadre du programme “ Nouveaux Commanditaires ”
de la Fondation de France
1999 Séjours à Barcelone. Début d’une collaboration avec Jean-François Chevrier
2000 Séjour à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne)
Expositions personnelles (sélection)
1984 Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
1986 Fratelli Alinari - Patrick Faigenbaum 1885-1985, Institut français, Florence
1985 Paris, galerie Texbraun, Florence
1987 Vies parallèles, Villa Médicis, Rome
1988 Roman portraits, Art institute of Chicago, Chicago, Museum of art, Dallas
1989 Tableaux romains, Musée d’art contemporain de Nîmes, Clisson,
La Garenne Lemot
Vies parallèles, Musée départemental, Rochechouart
1990 Roman portraits, Pace/Mac Gill Gallery, New York
Patrick Faigenbaum 1989-1991, Musée d’art moderne de la Ville de Paris,
Paris
Naples, Barbara Gladstone Gallery, New York
1992 Galerie Crousel-Robelin Bama, Paris
Tableaux romains, Institut français, Fribourg
1993 Prague, Barbara Gladstone Gallery, New York
1995 Praha, Gandy Gallery, Prague
1996 Prague, Barbara Gladstone Gallery, New York
1998 Praha, Westfälischer Kunstverein, Münster
1999 Patrick Faigenbaum, Fotografien Florenz, Rome, Neapel, Bremen, Neues Museum
Weserburg, Brême
To Angela and Raphaël, Barbara Gladstone Gallery, New York
2000 Galerie de France, Paris
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| Gego |
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Gego (1912-1994), de son vrai nom Gertrud Luise Goldschmidt, est une figure nationale dans son pays d’adoption, le Vénézuela, alors qu’en Europe, dont elle est originaire, elle est pour ainsi dire inconnue du public comme des milieux de l’art. Depuis 1995 cependant, plusieurs expositions internationales ont entrepris de tirer de l’ombre une œuvre qui brouille les catégories convenues de l’histoire de l’art.
Après des études d’architecte et d’ingénieur à l’université de Stuttgart, Gego quitte l’Allemagne et s’installe en 1939 au Vénézuela où elle vivra et travaillera le restant de sa vie. Son œuvre conservera toujours la trace de cette formation marquée par les principes techniques et constructifs du Bauhaus. Sa cohérence visuelle tient à l’élément de base de son vocabulaire formel, dont elle ne s’est jamais départie : la ligne. Jusqu’aux années 60, les dessins de Gego se développent progressivement dans l’espace, de la sculpture à l’architecture. Son travail s’apparente alors formellement aux recherches cinétiques ; mais les dérèglements introduits dans l’assemblage logique des tiges (lignes) métalliques altèrent l’effet purement optique de l’œuvre d’une coloration subjective.
Les ''réticulaires'' (reticulareas), entrepris en 1969, développent cet assemblage dans l’espace : les tiges métalliques, agencées par des rivets, forment alors de gigantesques filets, ''tissés'' à la main par l’artiste et portés à l’échelle d’une véritable géographie, spatiale et psychique.
À une époque où l’art textile s’est dégagé de sa définition traditionnelle, le tissage est plus qu’une métaphore : en 1975, Gego est invitée à la 7e Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne. Plusieurs années plus tard, en 1988, les tejeduras, tissages de matériaux hétérogènes, papier, carton, tissu, renouèrent avec la bidimensionnalité des débuts du travail
de l’artiste. Le jeu entre les dimensions est, en effet, une des constantes de l’œuvre. Les
''dessins sans papier'' (dibujos sin papel), commencés en 1976, conservent dans l’espace, à
l’écart du mur, la vibration du tracé à main levée : les fils de métal transcrivent des partitions spatiales qui participent tantôt de la structure mathématique et tantôt du geste hasardeux.
Une exposition conçue autour de l’idée de ''territoire'', et qui se propose, de plus, de brouiller les frontières entre les arts populaires (ou appliqués) et les beaux-arts, se devait de montrer quelques aspects de cette œuvre, inconnue en France. Elle présente donc un des ''réticulaires'' ainsi que plusieurs ''dessins sans papier''.
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Repères biographiques
1912 Naissance à Hambourg de Gertrud Luise Goldschmidt (Gego)
1932 Après le baccalauréat, s’inscrit à la Faculté d’architecture de l’École technique de Stuttgart
1938 Obtient le diplôme d’ingénieur, mention architecte
1939 Quitte l’Allemagne pour le Vénézuela
1940-1952 Installée au Vénézuela, à Caracas, participe à un projet d’urbanisation, ouvre un atelier de création de meubles et de luminaires, puis construit deux maisons de style néocolonial.
1953-1956 Quitte la ville et s’installe à Tarma, avec son deuxième mari, Gerd Leufert (d’origine lituanienne). Commence une série de dessins, aquarelles, monotypes et xylographies d’inspiration figurative et expressionniste. Passe à des collages abstraits sur carton. Premières expositions
1957 Encouragée par Alejandro Otero et Jesus Soto, réalise ses premières oeuvres tridimensionnelles
1959-1960 Séjour à New York. Participe à l’exposition Recent Sculpture à la David Herbert Gallery (avec Calder et Louise Nevelson entre autres) puis à Section Eleven, chez Betty Parsons. Rencontre Naum Gabo, Joseph et Anni Albers
1961 Première exposition personnelle au Musée des beaux-arts de Caracas
1962 Intègre pour la première fois son travail à l’architecture (commande de la Banque industrielle de Vénézuela). Étudie les systèmes pédagogiques dans les écoles d’architecture
1964-1967 Professeur de « Composicion basica » à la Faculté d’architecture et d’urbanisme de l’Université centrale de Vénézuela
1969-1971 Premiers Reticulareas (Réticulaire : structure en filet de métal développée dans l’espace) ; premiers « chorros » (« Flux » de lignes verticales) exposés chez Betty Parsons à New York (Gego, Sculpture and Drawing)
1975 Participe à la 7 e Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne
1976 Début de la série des Dessins sans papier (Dibujos sin papel)
1977 Rétrospective au Musée d’art contemporain de Caracas
1983 Installation d’une oeuvre monumentale, Cuadrilàtero, dans une station du métro de Caracas
1988 Début des Tejeduras (tissages de papier, carton et tissu)
1994 Mort de Gego et création de la Fondation qui porte son nom Expositions personnelles (sélection depuis 1970)
1970 Gego Drawings, The Graphics Gallery, San Francisco
1971 Gego. Sculpture and Drawing, Betty Parsons Gallery, New York
1972 Structures (double courbe), Galerie Conkright, Caracas
1977 Gego, Musée d’art contemporain, Caracas
1981 Reticularea (salle permanente), Galerie d’art national, Caracas
1984 Dibujos sin papel (dessins sans papier), Musée des beaux-arts, Caracas
1988 Gego. OEuvres récentes, Galerie Sotavento, Caracas
1994 Gego, regard sur l’oeuvre, Musée d’art contemporain de Caracas
1996 Gego : dessins, gravures, tissages, Centre culturel Consolidado, Caracas
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| Haluk |
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Photographe et journaliste indépendante pour la presse (Libération, Politis, Ulysse,
Le Magazine Littéraire, les Cahiers du cinéma, Africa international, etc.), Sophie Haluk est aussi musicienne (elle enseigne le piano dans différents conservatoires de la région parisienne).
En 1994, à l’occasion d’un voyage en Martinique, elle s’intéresse au métissage culturel aux Antilles à travers l’habitat populaire, et à la psychiatrie avec la découverte de l’hôpital Colson et l’œuvre de Franz Fanon.
Sophie Haluk est à Beyrouth en 1995, et là elle est ''frappée par la beauté douloureuse de l’immeuble Barakat, éventré par les obus'', dont elle reconstitue l’histoire. Elle réalise également des reportages sur les villages des déplacés du Liban, dont elle fait une brochure pour le sommet de l’ONU à Istanbul, en juin 1996.
Depuis l’été 2000, à travers l’association Du rap et des images, elle s’occupe d’ateliers photo et écriture avec des adolescents de deux cités de Gonesse (Val d’Oise), expérience qui constitue le prolongement d’un premier travail Entre ici et là-bas, mené avec des jeunes issus de l’immigration.
Elle participe au séminaire de Jean-François Chevrier à l’Ensba depuis 1997.
Pour Des Territoires, son projet est une mise en perspective, sous forme de montages sonores, de témoignages recueillis dans un foyer de la banlieue nord de Paris, le foyer Adef de Gonesse, qui a la particularité de rassembler des travailleurs immigrés de tous pays.
Ces témoignages, diffusés depuis des cabines téléphoniques dans l’espace public, à proximité de foyers d’immigrés, mais aussi depuis des cabines présentes sur le lieu d’exposition, sont accessibles à tous depuis des numéros verts.
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Repères biographiques
Née en 1970. Vit et travaille en France.
Formation
1977-1990 Études au conservatoire de Nancy (piano, chant, musique de chambre)
1988-1990 Études en information et communication à l’IUT Charlemagne à Nancy
1991 École supérieure d’arts appliqués Estienne
1992-1994 Centre de perfectionnement des journalistes, Paris
Depuis 1997 Séminaire sur l’art et l’information avec Jean-François Chevrier à l’Ensba
Expositions personnelles
1998 Mois de la Photo, Théâtre de Beyrouth (Liban)
1999 Collège Robert Doisneau et Lycée René Cassin, Gonesse
1999 Espace-rencontre, Fnac Montparnasse
Expositions collectives
1995 Salle Jacques Brel, Gonesse
1998 Atelier sur l’autoroute, Saint-Denis
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| Hohenbüchler |
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Les sœurs jumelles Hohenbüchler mènent une double activité. Elles participent au panorama de l’art contemporain en présentant leur travail dans les musées et dans les galeries à l’échelle internationale. Mais leur intérêt pour les manifestations de l’inconscient et pour les diverses formes de marginalité sociale les a également conduites à travailler avec des institutions qui prennent en charge des malades mentaux ou des personnes handicapées. Leur attitude, dans ce contexte, est claire : elles ne se substituent pas aux ''art thérapistes'' ni ne situent leurs interventions dans une perspective thérapeutique, qu’elles laissent aux spécialistes. Elles engagent avec les patients leurs compétences d’artistes et leur savoir-faire en matière d’art et de travail collectif.
En travaillant avec les malades mentaux, Christine et Irène Hohenbüchler soulignent la dimension psychique de tout processus artistique. Mais elles renouvellent les principes de l’art brut ; elles ne se contentent pas d’exposer des objets singuliers qui concentrent la force de l’inconscient à l’œuvre dans l’art ; elles mettent à jour la composante sociale d’un travail de collaboration avec des personnes marginalisées. Elles les associent dans l’espace collectif d’exposition et proposent de les inclure dans le monde ''normal'' de l’art contemporain.
Cette collaboration donne lieu à des expositions dans lesquelles elles brouillent la part de leur propre travail et celle des patients. Leur participation à la Documenta X, en 1997, était un bon exemple de ce type de collaboration (une partie de cette installation est présentée dans l’exposition).
Christine et Irène Hohenbüchler brouillent également la hiérarchie, encore extraordinairement vivace, entre arts appliqués et art. Leurs installations, personnelles ou collectives, incluent des meubles, des éléments d’architecture, des tissus, des objets – qu’elles fabriquent avec un savoir-faire professionnel – au même titre que des peintures, des vidéos ou des textes. Elles conçoivent et réalisent également des livres qui témoignent d’une inventivité et d’une technique graphique exceptionnelles.
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Repères biographiques
Nées en 1964 à Vienne (Autriche). Vivent et travaillent à Berlin (Allemagne) et à Eichgraben (Autriche).
Formation
Études à l’École supérieure d’arts appliqués de Vienne et à l’Académie Jan van Eyck de Maastricht
1991 Bourse Chicago du Ministère de la science et de l’art, Vienne
1994-1995 Bourse DAAD, Berlin
1995 Bourse Mies van der Rohe, Musée Haus Lange, Krefeld
Expositions (sélection depuis 1995)
1995 13, Galerie Stampa, Bâle (Suisse)
7, DAAD Galerie, Berlin (Allemagne)
19..-19.., Museum Haus Lange, Krefeld (Allemagne)
We knitted braids for her, ICA, Londres (Grande-Bretagne)
1996 Nowhere, Louisiana Museum of Modern Art, Humblebaek (Danemark)
Crios, Douglas Hyde Gallery, Dublin (Irlande)
c/o Fra Angelico, Galerie Paul Andriesse, Amsterdam (Pays-Bas)
1997 Multiple Authorship, Documenta X, Kassel (Allemagne)
Mit Schulkindern, Salzburger Kunstverein, Salzburg (Autriche)
1998 Groupshow, Raum Aktueller Kunst Martin Janda, Vienne (Autriche)
… verhalten zu…, Kunsthalle de Gießen (Allemagne)
Stampa, Basel (Suisse)
1999 Christine Hohenbüchler/Werner Feiersinger, Raum Aktueller Kunst Martin Janda,Vienne (Autriche)
Maison mère-enfant(s), Pavillon autrichien de la Biennale de Venise (Italie)
Museum in progress, Rideau de fer pour l’Opéra national de Vienne (Autriche)
La casa, il corpo, il cuore, Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig, Vienne
Bildung, Information, Communication et Pédagogie dans les arts plastiques contemporains, Festival annuel de Styrie 1999, Graz (Autriche)
2000 Homing: projects for Kosovo, Spacex Gallery, Londres (Grande-Bretagne)
...pour in..., avec les étudiants de l’association Muki Baum School of the Arts, York University Art Gallery, Toronto (Canada)
Works on paper and drawings, Galerie Paul Andriesse, Amsterdam (Pays-Bas)
2 Mädchen, Österreichische Gallerie im Belverdere, Vienne (Autriche)
Collective art works, Les Abattoirs, Toulouse
Projet pour « Sinneswelten des Friedens », Castle Schlaining, Burgenland (Autriche)
Milch vom ultrablauen Strom, Kunsthalle de Krems
We all peel the onions, avec les participants d’un hôpital de jour, Camden Centre for the Arts, Londres (Grande-Bretagne)
Niagara 2000, vidéo et installation, art unlimited Basel, Galerie Stampa, Bâle (Suisse)
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| Jakobsdottir |
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Elin Jakobsdottir est peintre, cinéaste et photographe. Son travail traite des empreintes que la traversée de la vie laisse au corps.
Dans sa peinture, elle peint le corps humain directement d’après la vie. Hors ces membres, il n’y a rien sauf la toile elle-même pour indiquer l’espace. Par un assemblage de toiles peintes et vides, elle crée une image fragmentée de la condition humaine.
Dans sa photographie, elle place des habits en toile écrue (la même que dans ses peintures), sur des chaises et grâce à de légères manipulations, en fait des personnages. Ensuite, elle construit des tableaux photographiques, qui s’approchent du genre cliché familial.
Dans une série de conférences qu’elle a données avec Mark Sadler à l’École des beaux-arts, elle a parlé de son travail sur la ville de Glasgow. Cette deuxième métropole de Grande- Bretagne, ancien centre d’industrie, vieillit mal depuis la fin des années 60. Le chômage croissant et un urbanisme draconien y ont laissé des grands trous qui la défigurent. Ainsi la démolition des “ tenements ”* pendant les années 70 et 80 a laissé une empreinte indélébile, des intérieurs d’anciens foyers, ainsi exposés à coup de masse. L’artiste y trouve un miroir à ses idées sur les expériences intimes et expérimente la manière dont elles peuvent devenir anonymes, lorsqu’elles sont confrontées à l’espace public.
Dans l’exposition, elle présente un travail photographique en collaboration avec Mark Sadler : quelques vues intimes de Glasgow.
Elin Jakobsdottir présente également son film Sleeping Bag tourné sur Super-8. Ce film traite des moments intimes que l’on ne parvient jamais à communiquer à autrui. selon Elin Jakobsdottir, ce sont ces expériences qui dévoilent l’état isolé de l’individu. Le film aborde le thème de l’existence à travers le matriarcat. La matrone est à la fois l’origine physique de la famille et la voie qui la relie à son passé intime. Elle est la personne qui soigne et celle qui témoigne du déroulement des expériences. Le film dévoile un geste répété et banal qui appartient au quotidien de la maison. L’artiste expose ainsi la condition du corps en tant que vaisseau de la mémoire.
* Bâtiment de trois à quatre étages contenant des appartements. Construits le plus souvent d’une pierre locale.
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Repères biographiques
Née à Selfoss (Islande) en 1968. Vit et travaille à Glasgow (Écosse)
Résidences
1998 Artiste invitée à l’Institut d’art contemporain Nordique, Norvège
1999/2000 Cité internationale des arts, Paris
Expositions personnelles
1992 Christies Scotland, Glasgow (Écosse)
1993 Institut culturel islandais, Rekjavik (Islande)
1994 Galerie Felsted, Essex, (Grande-Bretagne)
1995 Atelier de sculpture, Essex (Grande-Bretagne)
1998 Traces, Hordaland Kunstnersentrum, Bergen (Norvège)
Expositions collectives
1991 Spectator Art, The Scottish Gallery, Cork St, Londres
1992 The Portrait, The Burrel Collection, Glasgow (Écosse)
1996 Noble Grossart, Royal Scottish Academy, Édimbourgh (Écosse)
1996 New Scottish Art, Demarco Europeen Art Foundation, Édimbourg (Écosse)
1997 Fiction, 105 St George’s Rd, Charing Cross, Glasgow (Écosse)
1999 Exposition collective, Cité internationale des arts, Paris
2000 Fiction Glasgow-Paris, 32 rue Geoffroy L’Asnier, Paris
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| Khattari |
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''J’habite Paris depuis 1988, j’avais vingt-deux ans quand j’ai quitté Casablanca. J’y retourne voir ma mère trois fois par an. Mais, à force de présenter mes défilés en France, en Europe, toujours dans des pays riches et démocratiques, j’ai commencé à me demander ce que je pouvais faire dans mon pays natal, pour accompagner l’ouverture politique du régime. Je me suis aperçue que je ne connaissais pas la ville ni ses habitants. J’ai vécu dans un milieu familial très protégé, symbolisé par l’appartement de ma sœur, rue d’Agadir, dont le balcon panoramique domine un centre ville dense, architecturé. La ville coloniale et bourgeoise est blanche et bleue comme la mer le long des plages aménagées de la Corniche. La ville des pauvres, bricolée, brûlée par le soleil, est cassée, jaune comme la terre, dans le quartier de Sidi Othman comme dans le bidonville de El Hank. Et les robes que je dessine, quelle est leur couleur ? […]
L’idée de dessiner des robes qui figurent la situation des femmes dans l’islam contemporain m’est venue en 1995, au moment des polémiques sur le foulard islamique : fallait-il accepter dans les écoles de la République des jeunes femmes voilées ? Je présente ces robes dans des défilés conçus comme des performances. Ce ne sont pas des prototypes, et je n’ai jamais collaboré avec l’industrie de la mode. Mais je reconnais volontiers que mon travail résulte du goût que j’ai toujours eu, depuis mon adolescence à Casablanca, pour le contraste de
l’apparat moderne du corps féminin avec les normes de la tradition islamique. Je suis une musulmane vivant en France, j’adhère à l’Islam, mais je tiens à dénoncer les usages répressifs de la foi et de l’ignorance (55 % d’analphabétisme au Maroc) dans tout régime théocratique.''
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Repères biographiques
Née en 1966 Erfoud, Maroc. Vit et travaille à Paris
Formation
1989 Diplôme de l’École des beaux-arts de Casablanca, (Maroc)
1995 Diplôme national supérieur d’arts plastiques, Ensba, Paris (France)
Expositions personnelles
1996 Défilé/Performance, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris
1997 Défilé/Performance, galerie Thaddeus Ropac, Paris
Défilé/Performance, dans le cadre du Festival de l’imaginaire, théâtre de la
maison des cultures du Monde, Paris
Expositions collectives (sélection)
1992 SAGA, fondation Peter Stuyvesant, Paris
1996 Novembre à Vitry, Vitry-sur-seine (France)
1998 À quoi rêvent les années 90. 2e volet, maison populaire, Montreuil (France)
29e Rencontres internationales de la photographie, Arles (France)
Meditéranea, musée botanique, Bruxelles (Belgique)
1998/99 Premises, Guggenheim museum Soho, New York (États-Unis)
1999 Heaven, Kunsthalle, Düsseldorf (Allemagne)
New French Art, Setagaya Art Museeum, Tokyo (Japon)
Mariane, centre culturel François Mitterrand, Beauvais (France)
Nous nous sommes tant aimés, Ensba, Paris
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| Levin |
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Walking city décrit un espace urbain pouvant être parcouru à pied.
''Walking city se constitue de plusieurs séries de photographies que je prends à proximité de mon atelier à Manhattan, dans un quartier qui se compose d’une trentaine de rues, situées entre la 5e et la 10e avenue. Plusieurs groupes de photographies – le marché aux fleurs, les mains des passants, un coin de rue, des SDF dormant dans la rue – sont rassemblés, afin
d’évoquer le regard moderne du ''flâneur'' 1, errant dans les rues et cherchant refuge dans
la foule.
Comme dans les écrits de Walter Benjamin, la ville est ici à la fois un paysage et une chambre, où l’expérience extérieure de l’urbain est en réalité une expérience intérieure du reflet de soi.
Les photographies sont à la fois présentées sur les murs et dans des albums. Dix photographies, de tailles différentes, sont exposées sur trois murs et trois albums sont posés sur des socles. Ces socles divisent le champ de vision en des espaces qui reproduisent ceux des rues. Pour voir les albums, le spectateur est alors contraint de circuler, d’aller et de venir, et navigue donc dans l’espace d’exposition de la même façon qu’il marche dans une ville. Un quatrième socle est construit à l’intérieur d’un mur et une photographie est posée dessus, contre le mur. Ainsi, l’espace sera fluide, ouvert aux fluctuations et aux changements.
Cette présentation cherche à jouer sur la différence entre l’image vue sur un plan vertical
et celle ''lue'' à l’horizontale, comme dans un livre. Les photographies sur les murs nous invitent à l’intérieur de l’espace. Chaque album reproduit une marche différente, dans laquelle les images entraînent le ''regardeur'' à travers les rues – allant au marché aux fleurs, croisant des SDF dormant sur des bancs, ou encore prêtant simplement attention aux mains et aux gestes des passants. Il est possible que certaines photographies figurent dans plusieurs albums à la fois, ou même qu’elles soient présentées dans un album et sur le mur.''
1. En français dans le texte
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Repères biographiques
Né en 1954 à New York.
Formation
1972-1973 William College
1974-1976 Hampshire College (B.A)
Expositions personnelles (sélection depuis 1994)
1994 The Border Project, Goethe House and French Cultural Services, New York
1996 Suche (War Story), Kunstfest Weimar, Weimar (Allemagne)
1996 War Story, International Center of Photography, New York
Deutsches Filmmuseum, Frankfurt-am-Main (Allemagne)
Kunsthalle II, Innsbruck (Autriche)
1998 The Burden of Identity and Suche (War Story), Haus am Kliestpark, Berlin
Rathaus, Düren (Allemagne)
1999 Common Places, Institut français de Thessalonique (Grèce)
Katrineholms Konsthall, Katirneholm (Suède)
Suche (War Story), Lippisches Landesmuseum, Detmold
Handelshof, Liepzig (Allemagne)
2000 Common Places, Storefront for Art and Architecure, New York
Kunsthalle Erfut
Maison Falleur, Cambrai, (France)
Walking City, Eleanor Barefoot Gallery, New York
Expositions collectives (sélection depuis 1994)
1995 Time, Memory, and the Limits of Photography, Center for Photography, New York
1996 Form Follows [Anything], Färgfabriken – Center for Contemporary Art and
Architecture, Stockholm (Suède)
Presque Rien, Galerie Michèle Chomette, Paris (France)
1997 Coming of Age, White Columns, New York
Documenta X, Kassel (Allemagne)
1999 Portraits, Trans Hudson Gallery, New York
2000 New York Now 2000, Museum of the City of New York (États-Unis)
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| Pataut |
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''Il s’agit de''reprendre'' l’expérience menée à Tulle en association avec les habitants, l’association Peuple et Culture et moi-même, à une autre échelle, sur un autre territoire.
Pendant deux ans, une ''forme/exposition'', contraction de l’histoire et du présent a été réalisée. L’histoire était celle de PEC (association Peuple et Culture), le présent c’était celui de notre travail, de l’exposition Sortir la tête. L’exposition itinérante dans le pays et autour de Tulle questionnait la notion de pays. Questionner la notion de pays dans un tel contexte, c’était alors faire le pari qu’une approche sensible, poétique, artistique, pouvait susciter et capter l’expression d’une identité forte, d’une souffrance, mais aussi dévoiler de la force, des désirs et des recherches d’alternatives. L’idée était à la fois de parler très concrètement du pays de Tulle, des gens qui y vivent et y mènent des aventures, qui ont une valeur locale d’exemple, et de poser une question plus générale : en quoi un travail intime, peut atteindre une valeur générale, donc une valeur politique ?
Pour l’exposition aux beaux-arts, il ne s’agit pas d’une adaptation ou d’une simple transposition d’un lieu à un autre. La préoccupation actuelle est de faire en sorte qu’il soit possible de constituer, de continuer, cette ouverture dans un autre territoire, et pour cela, différents paramètres sont à prendre en considération. Comment faire que cette ouverture qui fonctionne dans un “local” fonctionne aussi dans un autre ''local'' ? Comment passer d’une exposition ''d’art contemporain local'' à une exposition ''d’art contemporain international'' ? comment rendre lisible “les relations et les écarts, dans la société contemporaine, entre art et information'', comment faire que les bruits du monde, les écarts, les ruptures lisibles ailleurs le soient ici aussi ?
Un travail reste à accomplir pour que ce dispositif fonctionne ici aux beaux-arts, au centre historique de la ville-capitale. Ma participation au séminaire, la position qui est la mienne participent déjà de cette articulation. Il me faut intégrer d’autres personnages, d’autres
territoires, il me faut articuler ce travail sur l’ensemble de l’exposition.
Des pistes sont aujourd’hui les miennes, elles partent à la fois de ma position géographique dans l’exposition, entre Majida Khattari et Yves Bélorgey, et d’une histoire intime et
personnelle. Cet emplacement renvoie directement à mon autobiographie, entre les Monuments bâtiments d’Yves Bélorgey : lieux de mon enfance, utopie du confort pour tous des années 60 et les Sculptures habitées de Majida Khattari : à la fois proches de mon travail par le corps, par la sculpture (Étienne Martin, mon professeur dans ce même endroit), les passementeries, ma mère petite-main dans les ateliers de haute couture, et loin de moi dans mon rapport au territoire, des lieux où je n’irai jamais.''
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Repères biographiques
Né en 1952 à Paris.
Formation
Études à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, section sculpture, dans l’atelier d’Étienne Martin. Diplômé en 1975. Après être devenu reporter, s’est éloigné de la production spécialisée du reportage pour développer des projets d’enquêtes documentaires de
longue durée – souvent de deux à quatre années – engageant des procédures de collaborations adaptées à chacune des situations retenues. Il a travaillé sur l’apartheid, les communautés des chiffonniers d’Emmaüs, avec les vendeurs du journal La Rue. Un de ses travaux récents a porté sur le territoire du cornillon, une ancienne zone industrielle de la banlieue Nord, retenue en 1995 pour être le site du grand stade de la Coupe du Monde de football. Son travail associe toujours un domaine d’activité, une situation sociale, une histoire et une intervention sur le contexte institutionnel. Depuis 1991, il enseigne la photographie à
l’École d’art et de design d’Amiens.
Enquêtes documentaires
1990 Création de l’association “ Ne Pas Plier ”. Cette association a pour objet de
créer, produire et diffuser des images qui ont du sens, pour des causes et des
sujets humains d’urgence nationale et internationale
1992 Résidence d’artiste en milieu scolaire à Aulnay-sous-bois, au lycée Voillaume.
Aulnay-sous-quoi ? est un travail réalisé avec trente lycéens et un professeur de
français, à partir des cinq dernières lettres de cinq lycéens du lycée Buffon à
Paris, fusillés par les allemands en 1943
1993-1994 Travail avec une communauté Emmaüs à Scherwiller en Alsace
1994-1996 Reportage sur les habitants du Cornillon, terrain vague à Saint-Denis où se
construit le Grand Stade
1996-1997 Photographes de La Rue, atelier photo avec les vendeurs du journal La Rue
Expositions personnelles récentes (sélection)
1993 Emmaüs, communauté Emmaüs de Scherwiller
1995 Galerie d’art contemporain, Auvers-sur-Oise (France)
1998 Emmaüs et, Maison de l’art et de la communication, Sallaumines (France)
2000 Sortir la tête, Chanteix, Gumond et Serilhac (France)
Expositions collectives récentes (sélection)
1995 Ne Pas Plier, Stedelijk Museum, Amsterdam (Hollande)
1996 France : New Vision, Aperture’s Burden Gallery, New York (États-unis)
1997 Documenta X, Kassel (Allemagne)
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| Penone |
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L’artiste italien Giuseppe Penone est une des figures majeures du courant auquel Germano Celant donna le nom d’Arte povera. Il est originaire de Garessio, au sud de Turin, de parents agriculteurs. L’ensemble de sa pratique de sculpteur porte la marque de ses origines. Son travail a consisté dans un premier temps à produire des traces dans la nature, au point de contact du corps et de la nature. Plutôt que du corps, de son corps : sa main, sa silhouette, son geste, etc. Il compare la matérialité, l’échelle, la durée de la vie, la respiration de son corps et celles de la nature. Penone exalte la force cosmique des choses de la nature. Ces petites
choses s’opposent aux grands signes produits par les artistes américains (Robert Smithson, Michael Heizer) de la même génération. À l’échelle d’un temps cosmique, la différence entre la durée de la vie humaine et la durée des choses de la nature ne joue plus.
Giuseppe Penone est propriétaire d’un terrain, voisin de celui de son enfance. Depuis plusieurs années, il y trace, à même la terre, le dessin d’un arbre. Il parcourt ses collines au volant d’un tracteur et inscrit la forme d’un arbre à l’échelle du territoire. Cette ''action'' solitaire, ignorée et invisible du public, a fait l’objet d’un ensemble de dessins et de photographies inédits présentés dans l’exposition.
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Repères biographiques
Né à Garessio (Italie) en 1947. Vit à Turin.
Expositions personnelles (sélection depuis 1990)
1990 Galerie Konrad Fischer, Düsseldorf (Allemagne)
1991 Castello di Rivoli, Turin (Italie)
L’Espace de la Main, Musée de la Ville de Strasbourg (France)
Église de Courmelois, Val-de-Vesle/Reims (France)
1992 Galerie Durand-Dessert, Paris (France)
I Have been a Tree in the Hand, Marian Goodman Gallery, New York
1993 Chateau d’Annecy, (France)
Centre genevois de gravure contemporaine, Genève (Suisse)
Frith Street Gallery, Londres (Grande Bretagne)
1995 Marian Goodman Gallery, New York
L’image du toucher, Maison de la culture d’Amiens (France)
Centro Culturale Teresa Orsola Bussa De Rossi, Fossano (Italie)
1999 Centro Galego de Arte Contemporanea, Santiago de Compostela (Espagne)
The Douglas Hyde Gallery, Trinity College, Dublin (Irlande)
Giuseppe Penone The Veins of Stone, The Toyota Municipal Museum of Art,
Toyota Aichi (Japon)
Carré d’Art, Musée d’art contemporain, Nîmes (France)
Giuseppe Penone Die Adern des Steins, Kunstmuseum de Bonn (Allemagne)
Museo de Arte Moderno, Buenos Aires (Argentine)
Galleria Civica d’Arte Contemporanea, Trento (Italie)
Konrad Fischer Galerie, Düsseldorf (Allemagne)
Galerie Artiscope, Bruxelles (Belgique)
Frith Street Gallery, Londres (Grande Bretagne)
Galerie Durand-Dessert, Paris (France)
Galerie Paul Andriesse, Amsterdam (Hollande)
Galeria Alfonso Artiaco, Pozzuoli (Italie)
2000 Giuseppe Penone, respirare l’ombra, Synagoge Stommeln, Pulheim
Giuseppe Penone, Dessins et Sculptures 1968 - 2000, Rennes, Paris (France)
Marian Goodmann Gallery, New York (États-Unis)
Galerie Alice Pauli, Lausanne (Suisse)
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| Saade |
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''Dans mes installations précédentes, Territory et Beit El Borj (La maison de Borj), j’ai parlé de l’occupation d’un territoire privé et de celle d’un territoire national, le Liban. Dans ce nouveau travail, je traite en priorité des problèmes générés par la guerre au Liban et plus particulièrement du problème des déplacements de population. D’où ma volonté de créer une ''maison ambulante''.
J’ai moi-même vécu dans trois villes, Beyrouth, Rio de Janeiro et Paris. Cette mobilité est une des caractéristiques des libanais, connus surtout pour être des commerçants qui sillonnent le monde. La guerre a accentué ce mouvement et, immigration et exil nous sont devenus très familiers. Je me suis attachée à chacune des villes que j’ai habitées, je souhaiterais pouvoir y vivre simultanément.
Dans l’installation, les villes défileront sur trois écrans qui seront comme les fenêtres de la maison. Dans chaque ville, j’ai filmé des coins de rue, des quartiers, des façades, des vitrines, des monuments, des lieux de la vie quotidienne. Je traverse ces cadres de gauche à droite de telle sorte que, sur l’écran, nous aurons l’impression que je passe d’une ville à l’autre. Ces écrans sont posés sur l’échafaudage qui soutien le plan architectural de la maison.
Le plan de la maison est réalisé en néon et il représente la mémoire que j’ai de l’aménagement intérieur de ma maison au Liban, occupée illégalement depuis 1989. Ce plan est situé à une hauteur d’environ 4 m qui oblige le regard à se lever et à percevoir ainsi le plafond de la salle.
La pièce principale de l’installation est la fontaine. C’est le premier objet que l’on voit, face à l’entrée. Elle symbolise à elle seule ce qui, à mon sens, est la raison première du conflit au Proche-Orient. Dans l’architecture orientale, la fontaine a toujours été présente, à l’intérieur des maisons, dans les patios et les jardins. On peut comprendre son importance dans une région où l’eau est une denrée rare. Cet élément vital est certainement au centre des guerres territoriales qu’a toujours connues la région du Proche-Orient. La création de l’état d’Israël en 1948 déclencha les hostilités entre Palestiniens, Libanais et Israéliens. S’en est suivi la guerre du Liban qui a duré quinze ans et l’occupation israélienne du sud du Liban qui a duré de 1978 jusqu’au 22 mai 2000. Une des raisons de cette occupation est la présence d’un fleuve, le Litani, dont l’eau était convoitée et exploitée par les Israéliens. Sur la fontaine, qui sera réalisée en verre, sera tracée une carte hydraulique du Proche-Orient.''
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Repères biographiques
Née en 1969 à Beyrouth (Liban). Vit et travaille à Paris.
Formation
1993-1996 : Ecole nationale supérieure des beaux-arts, Paris
1992-1993 : Licence d’arts plastiques, Université de Paris VIII, Paris
1988-1992 : Diplôme de design industriel, Pontifica Universidade Catolica, Rio de Janeiro
Expositions personnelles
1997 : Les réseaux d’une ville en ruines, galerie Agial (dans le cadre du festival Ayoul),Beyrouth (Liban)
1999 : Territory – Beit El Borj, Goethe Institute (dans le cadre du festival Ayoul), Beyrouth (Liban)
2000 : La maison de Borj – Territory, B-Space (dans le cadre du Kunsten festival des arts), Bruxelles (Belgique)
Expositions collectives (sélection)
1990 : Novos, Novos, Centro Empresarial Rio, Rio de Janeiro (Brésil); Prospecçao anos 90, galerie Subdistrito, Sao Paulo (Brésil)
1991 :Processo n°738 765 –2, IBAC, Rio de Janeiro (Brésil); Amal Saade, Ulla S., Rosanne C., UFF, Niteroi (Brésil)
1992 : Amal Saade et Claudia Bakker, Galerie IBEU, Rio de Janeiro (Brésil)
1994 : Amal Saade et Dolly Chammas, galerie Les Cimaises, Beyrouth (Liban)
1995 : Cahiers “ Nomades ”, galerie Graphe, Paris (France)
1997 : Diplômés 96 avec les félicitations du jury, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris (France) ; Quand on, Maison de la Norvège, Paris (France)
1998 : Mois de la photo, galerie Agial, Beyrouth (Liban)
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| Sadler |
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Mark Sadler est peintre. Entre 1986 et 1993, il a voyagé en Europe et en Asie, souvent en auto-stop pour parler aux gens et acquérir une version intime de l’histoire.
Dans sa peinture, il propose un espace où une couleur saturée domine. Avec parfois la description d’une fenêtre ou d’une ligne de démarcation routière. L’idée d’un environnement spécifique est suggérée : bâtiment institutionnel moderniste, appartement HLM, etc. Avec parfois seulement la couleur pour rendre l’espace et les éléments placés dedans qui fournissent une interprétation spatiale.
Les peintures contiennent des phénomènes reçus et vécus. Chaque aspect reçoit un traitement différent par rapport au matériel de peinture. Dans les reçus, on aperçoit très souvent des ''photoprojections'' où l’artiste recrée en peintures des photographies trouvées. Les images sélectionnées sont souvent historiques, provenant du XIXe siècle. Mark Sadler s’intéresse énormément à cette époque témoin des débuts de la photographie, de l’essor du capitalisme moderne et du développement du mouvement socialiste.
L’histoire et la mémoire contiennent entre elles un chevauchement des phénomènes reçus et vécus. Nous nous retrouvons insérés dans l’histoire, attribués déjà d’un statut social. Une structure de classe décide très souvent le travail qu’on peut s’attendre à faire. Dans certains rangs, un devoir automatique de reprendre le relais dans les corvées sans fin qui font fonctionner les grandes villes, est apparent. Ainsi, on retrouve chez Mark Sadler les éboueurs des villes, les femmes de ménage ou les gens au repos chez eux. Cette fois-ci, le traitement est très différent de celui des ''photoprojections''.
Le portrait peint d’après la vie est l’élément le plus récent dans la peinture de Mark Sadler. L’aspect le plus intime du travail, il n’y a que le visage placé dans l’espace. Pas de corps, aucun uniforme, uniquement le regard pour parler du personnage qu’on voit devant soi.
Dans Des Territoires, Mark Sadler exposera deux nouvelles peintures.
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Repères biographiques
Né en 1968. Vit et travaille à Glasgow (Écosse)
Formation
B.A. Honours Drawing & Painting, Glasgow School of Art (Écosse)
1990-1992 Elizabeth Greenshiels Bursary (Canada)
1998 Scottish Arts Council “ Small Assistance Grant ” (Écosse)
Expositions
1996 New Scottish Art, the Demarco Foundation, Édimbourg (Écosse)
1997 Fiction Gallery, (avec Elin Jakobsdottir), St Georges X Glasgow (Écosse)
1998 Cité internationale des arts, Paris (France)
Young European Artists, en association avec La Fondation Jean Jaurès, Unesco,
Paris (France)
2000 Fiction 2 Glasgow-Paris, (avec Elin Jakobsdottir), 20 rue Geoffroy L’Aisnier,
Paris (France)
2001 Love Hotel, projet en collaboration avec Jota Castro, Bruxelles (Belgique)
2001 Sadlertur Mryhill, walking tour project, Maryhill Glasgow (Écosse)
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| Saussier |
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Le projet d’installation photographique présenté par Gilles Saussier est une mise en espace d’une intervention dans le séminaire de Jean-François Chevrier, publiée sous le titre : Du reportage au jardinage (Des territoires en revue 3/5, Ensba) et reprise sous la forme d'un long article mêlant récit autobiographique et analyse théorique, à paraître dans la revue Communications à l'automne 2001, sous le titre : Situations du reportage et actualité d’une alternative documentaire.
L’installation se compose d’une succession linéaire de boîtes et de cabines dont la logique est celle d'un retour sur image :
• retour sur le premier reportage jamais réalisé sur les habitants de l'île de Chatou, grâce auquel l'auteur devint photo-journaliste au sein de l'agence Gamma ;
• retour à Timisoara (Roumanie) sur le premier terrain de news international expérimenté lors de la chute de Nicolas Ceaucescu en décembre 1989 ;
• retour sur deux projets documentaires menés au Bangladesh : portraits extraits de Living in the fringe sur les habitants des franges géographiques les plus extrêmes du delta du Bangladesh, et portrait d'une rue de la vieille ville de Dhaka, Shakari Bazar, dans laquelle l'auteur dissémine ses images depuis plusieurs années à la manière d'un studio local ;
• retour enfin au pays et au paysage de l'Ile-de-France à l'occasion d'un travail sur la vallée de l'Epte qui, comme l'île de Chatou, se trouve dans la perspective de l'axe historique du Louvre à la Défense.
Interviennent aux côtés de Gilles Saussier dans cette installation des personnes dont la rencontre s'avéra dans ce parcours décisive : Martine Delahaye, historienne locale de Nanterre et de la Seine, Pierre Ferrari, reporter de guerre aux armées en Indochine (Établissement Cinématographique et Photographique des Armées /ECPA) issu d'une famille de portraitistes de Massiac (Cantal), Satish Sharma, photographe et critique d'art indien, et Stéphane Bienfait, graphiste typographe.
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Repères biographiques
Né en 1965. Vit et travaille en France, entre Paris et les Andelys (Eure)
Formation
De 1989 à 1994 photo-journaliste à l’agence Gamma
De 1995 à 1996 S’installe au Bangladesh et entreprend un projet de coopération culturelle
avec une agence locale de photographe MAP
1997 Bénéficie d’une bourse de la Villa Médicis Hors-les-murs et réside à
Calcutta (Inde)
1998 S’engage dans un projet de recherche en anthropologie visuelle à l’École
des hautes études en sciences sociales (Ehess) et participe au séminaire
de Jean-François Chevrier, après avoir découvert le travail de Marc Pataut.
Expositions personnelles
1996 Visages de Shakari bazar, installation dans l’hôtel Kalpana boarding,
Dhaka (Bangladesh)
Dhaka matière d’une ville, Musée de la ville de Dhaka (Bangladesh)
1999 Living in the fringe, installation au barrage de Neeltje Jans (Pays-Bas)
Living in the fringe, Galerie du Web bar, Paris
Expositions collectives
1999 Lauréat du Prix Motherjones de la photographie documentaire, Galerie 66,
San Francisco, (États-Unis)
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| Schneider |
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''Diplômée de l’Ensba en 1990, Anne-Marie Schneider n’a depuis cessé de produire des dessins au fusain (parfois associé à de la couleur), qui témoignent d’une étonnant maîtrise plastique autant que d’un univers particulier où les images du quotidien, liées parfois à des événements sociaux ou politiques (les sans-papiers en 1996) sont mêlées à des images moins déchiffrables, voire oniriques.(…)
Le corps empêché ou enfermé, le monstrueux et la sexualité constituent quelques-unes des préoccupations que l’on retrouve dans son travail. La femme apparaît souvent enfermée soit physiquement, telle cette prostituée dans une sorte de cage soumise au regard de l’homme voyeur, soit mentalement (La Totale), parce que soumise aux taches ménagères, voire aux agressions physiques. L’impossibilité d’échapper, de communiquer ou même de recevoir, constitue une corrélation immédiate à cette situation du corps. (…) Ces souffrances sont aussi celles que génère la misère sociale ou l’immigration. Ainsi, cet alcoolique qui verse la bouteille à côté du verre, ces personnages qui rongent des os alors que des poulets bien rôtis sont ailleurs, ou cet homme qui tente de passer en fraude sous un guichet.
L’univers d’Anne-Marie Schneider, à travers ses dessins, mais aussi ses objets, ses installations ou ses récentes tentatives de films d’animation, est riche, grinçant, empreint d’une force qui est celle du sourire malgré la souffrance.''
Extrait du texte de Christine Macel dans le catalogue Transit, Ensba, 1997
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Repères biographiques
Née en 1962 à Chauny. vit et travaille à Paris.
Formation
1986/1991 École nationale supérieure des beaux-arts de Paris
1988 Sélectionnée lors du concours Louis Weiller, Paris
Exposition personnelles (sélection)
1992 Galerie Crous/Beaux-arts, Paris
2001 Galerie à Haarlem, (Pays-bas)
Expositions collectives (sélection)
1995 Drawing Center, New York
Galerie Nelson, Paris
1997 Frac Picardie
Documenta X, Kassel (Allemagne)
1999 L’autre sommeil, ARC, Musée d’art moderne de la Ville de Paris
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| Wall |
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[…]
Jeff Wall : (…), la beauté d’une image réside dans le fait que nous ne savons jamais très exactement ce que nous ressentons devant elle. En termes phénoménologiques, la beauté moderne se caractérise par son énergie – une énergie telle qu’on ne peut cesser d’en faire l’expérience, car elle est inépuisable. L’ambiguïté est en partie liée à la structure même de l’image.
[…]
Jean-François Chevrier : (…) Je te propose de terminer sur une très belle image que tu as faite dernièrement (…). Le paysage est celui d’Istanbul, il y a un chemin tortueux (crooked path). Elle montre un émigrant solitaire devant un vaste paysage de banlieue industrialisée d’Istanbul. C’est une image de la migration, de celui qui recherche une nouvelle maison. On a ici l’image de l’étranger ou de l’étrangeté qui cherche à s’inscrire dans une ville, dans un espace urbain.
Jeff Wall : Dans le monde entier, les campagnes se sont vidées sous la pression de la corruption économique, les gens sont forcés de rejoindre des villes qui deviennent de plus en plus en grandes. (…) On a pu dire d’Istanbul qu’elle devenait un village anatolien géant. Les nouvelles villes sont souvent des villages bien plus que des centres cosmopolites. En tout cas, elles combinent d’une façon inédite la vieille expérience urbaine et les nouveaux villages postmodernes instantanés. Ce thème m’a paru fascinant. Que ce soit au Caire, à Buenos Aires, à Séoul ou à Istanbul, on peut voir une expérience similaire (…). Il m’a semblé possible d’exprimer l’émotion de l’arrivée, surtout quand il s’agit d’une jeune personne. J’ai choisi Istanbul, un peu instinctivement.
Citizen représente l’image du citoyen moderne, image a priori banale : “ J’ai mis environ deux semaines à faire l’image (…). Mes images, en particulier mes images “réalistes” ou “néoréalistes”, dérivent toutes de ces expériences effectives, de l’observation visuelle et des idées qui peuvent venir dans la journée en rêvant ou en réfléchissant. C’est lentement, pendant le travail, que j’ai compris ce que je faisais et la raison pour laquelle le titre de l’image n’est pas ironique ”. L’image de Jeff Wall n’est pas banale, et son propos n’est pas la banalité : ni la célébration du banal, ni sa “ transfiguration ”. Mais le quotidien.
Extraits du dialogue entre Jean-François Chevrier et Jeff Wall à Bruxelles en 1998,
Des territoires en revue, 4/5, pp. 54 à 57.
A Villager from Arikaköyu Arriving in Mahmutbey-Istanbul, september 1997 et Citizen figurent parmi les pièces de Jeff Wall présentées dans cette exposition.
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Repères biographiques
Né en 1946 à Vancouver (Canada)
Formation
1970 Master of Arts, Department of Fine Arts, University of British Colombia
(Canada)
1970-1973 Doctoral research, Courtauld Institute of Art, University of Londres
(Grande Bretagne)
1974-1975 Professeur assistant, Department of Art History, Nova Scotia College of Art
and Design, Halifax (Novia Scotia / Nouvelle-écosse)
1976-1987 Professeur associé, Centre for the Arts, Simon Fraser University, Vancouver
(Canada)
Depuis 1987 Professeur associé, Department of Fine Arts, University of
British Colombia, Vancouver (Canada)
Expositions personnelles (sélection depuis 1990)
1990 Vancouver Art Gallery, Vancouver (Canada)
The Carnegie Museum of Art, Pittsburg (États-Unis)
1991 Galerie Rüdiger Schöttle, Munich (Allemagne)
Galleria Christian Stein, Milan (Italie)
1992 Marian Goodman Gallery, New York (États-Unis)
San Diego Museum of Contemporary Art, San Diego (États-Unis)
Palais des Beaux-Arts, Bruxelles (Belgique)
1993 Fondation Cartier, Jouy-en-Josas (France)
Kunstmuseeum, Lucerne
Irish Museeum of Modern Art, Dublin (Irlande)
1994 Centro d’Arte Reina Sofia, Madrid (Espagne)
Neue Gesellschaft für Bildende Kunst, Berlin (Allemagne)
The White Cube, Londres (Grande Bretagne)
1995 Marian Goodman Gallery, New York (États-Unis)
The Museum of Contemporary Art, chicago (États-Unis)
Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris (France)
1996 Museum of Contemporary Art, Helsinki (Finlande)
Whitechapel Art Gallery, Londres (Grande Bretagne)
1997 Museum of Contemporary Art, Los Angeles (États-Unis)
Museum Bijmans van Beuniagen, Rotterdam (Pays-Bas)
1998 Museum für Gegenwart Kunst, Bâle (Suisse)
1999 Musée d’art contemporain, Montréal (Canada)
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| Wilks |
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''L'Âne de Troie est en feutre. Un feutre fin et résistant, que Maria Smigelski achète en gros et importe de Pologne.
Il m'a demandé plusieurs mois de travail. J'ai suivi mon intuition, je n'ai pas utilisé de patron. J'ai
disséqué plusieurs chevaux empaillés ; j'ai fait
de nombreuses tentatives, commis beaucoup
d'erreurs. J'y ai passé des nuits entières de l'hiver berlinois, gris et froid, de 1999. Après une série d'avatars (kangourous, vaches et chiens), l'Âne, finalement, APPARUT.
J'avais pensé m'en servir comme d'un grand sac, pour y transporter des choses ; j'ai changé d'avis et c'est moi qui le porte, sur mon dos. La pauvre bête de somme fait une pause, et part à la découverte de la ville. Voyages dans Berlin avec Mon âne…
Voyages improvisés. Sans programme préalable. Les circonstances et le hasard suscitent événements, rencontres, actions en public.
En octobre l'Âne de Troie sera à Paris. Il résidera quai Malaquais, dans l'exposition. Il fera d'autres rencontres.
Images et récits de ces voyages avec mon âne feront l'objet d'un livre.
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Repères biographiques
Né en 1964 en Angleterre
Formation
1987 B.A. Degree English Litterature Canterbury, Kent (Grande Bretagne)
1992 Mastère, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris (France)
1994 Rijksakademie Van Beeldende Kunsten Amsterdam (Pays Bas)
Expositions personnelles
1995 Galerie Nelson, Paris
1996 Galerie Paul Andriese, Amsterdam
1997 Galerie Xavier Hufkens, Bruxelles
1999 Daadgalerie, Berlin
Expositions collectives
1995 Une proposition de Bart Cassiman, Galerie Nelson, Paris (France)
1995 Call it Sleep, Witte de With, Rotterdam (Pays-Bas)
1995 Lost property, Amsterdam et Londres
1997 Groene Pasen, Museeum Dhondt-Dhaenens, Gand (Belgique)
1997 City Pity, Xavier Hufkens, Bruxelles (Belgique)
1998 Childrens Choice, Museeum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam (Pays-Bas)
1998 Sympaticus, Abteiberg Museeum Mönchen Gladbach (Allemagne)
1998 City Pity 2, DAAD, Berlin (Allemagne)
1998 City Pity 3, The Workhaus, Liverpool, (Grande-Bretagne)
2000 Printemps de Cahors, (France)
2001 Remake Berlin Photo, Museeum Winterthur (Suisse)
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| Collectif d'étudiants de l'atelier Pataut-Faigenbaum |
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Georges Apostolidis
Sakina Arrar
Florence Balboni
Yto Barrada
Madeleine Bernardin
Julien Boitias
Jean de Calan
Margherita Caron
Aouatef Chengal
Gabriel Costes
Régine Flasche
Laura Foucault
Dominique Gauthey
Elisabeth Gerl
Raphaël Grisey
Erwan Kerzanet
Inès Lechleitner
Anne-Laure Lemaître
Anaïs Masson
Anissa Michalon
Ludovic Michaux
Anne-Laure Perrin
Maxence Riflet
Nathalie Ripoll
Claire Soton
Julia Staniszewska
Lise Terdjman
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L’atelier de pratique photographique, co-animé par Marc Pataut et Patrick Faigenbaum depuis octobre 2000, accueille 26 étudiants autour d’un travail pédagogique axé sur la notion de centre/périphérie/monuments, parmi lesquels 18 étudiants de l’Ensba, les 8 autres étant étudiants invités. Les profils sont très variés : certains sont inscrits dans des universités en sociologie, arts plastiques, deux sont d’anciens étudiants en photographie à Arles, mais l’atelier accueille aussi des étudiants qui ont une pratique de la photo et qui trouvent là un lieu d’échange. Pour enrichir leur enseignement, Marc Pataut et Patrick Faigenbaum accueillent des intervenants extérieurs déjà engagés dans une pratique artistique et qui présentent régulièrement des travaux.
L’intérêt des étudiants pour la photographie s’est intensifié en même temps que l’atelier se développait. Indépendamment de la recherche de qualité dans la prise de vue, ils ont pris le temps de regarder des images, de les sélectionner, de les tirer, avec le souci constant de penser aussi bien l’image seule que son articulation avec d’autres, au sein d’un montage. Cette rigueur se retrouve dans la qualité des images (formats, tirages, encadrements). Une partie des travaux issus de cet atelier est présentée sous forme de murs d’images dans l’exposition.
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| Dalla Santa |
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Le travail actuel de Gérard Dalla Santa est indissociable de son histoire. Il naît en Gironde en 1947, dans une famille d’agriculteurs. De 18 à 30 ans, il est ouvrier-tourneur dans une usine d’aérospatiale. Ses premières photographies datent de 1978. Jusqu’en 1987, Gérard Dalla Santa photographie des scènes de ville, les berges de la Seine, des vues de l’autoroute Bordeaux-Paris. Ces images instantanées, en noir et blanc, sont marquées de l’influence de la street photography et du ''polar'' américains. Il fait ensuite, toujours en noir et blanc, une série de ''portraits'' de plantes, telles qu’elles sont répertoriées et nommées dans les jardins botaniques. A partir de 1990, il photographie des machines agricoles abandonnées dans le paysage du sud-ouest de la France. Ce travail le conduit à s’intéresser au paysage et à répondre à une série de commandes sur ce thème. En 1997, en marge du projet Campagnes urbaines, il photographie des ouvriers agricoles au travail dans les champs ; à la même époque, dans le cadre du séminaire conduit par Jean-François Chevrier à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts, il redécouvre l’œuvre de Dorothea Lange, et plus particulièrement son livre sur les fermiers de l’ouest américain dans les années 1930, American Exodus.
En 1999, à l’issue d’une rencontre avec des architectes, il entreprend le suivi photographique d’un chantier de construction de HLM à Gonesse, dans le Val d’Oise. Il enregistre toutes les étapes de la construction en mettant l’accent sur les situations de travail, les gestes et les corps en mouvement.
Ces images apparaissent dans le contexte d’une crise du travail et de sa représentation. Les années vingt et trente, sous l’effet de la rationalisation productiviste et dans le sillage de la révolution soviétique, ont fixé l’image monumentale de l’homme nouveau, que ''le travail rend libre''. Les photographies de Gérard Dalla Santa se dégagent consciemment de ce modèle. Elles évitent à la fois l’esthétisation, l’ouvriérisme et la dramatisation qui caractérisent les représentations du travail héritées de cette histoire. Son passé d’ouvrier et de militant l’empêche de souscrire à la compassion et à l’ idéalisation qui conduisent le plus souvent à la négation de la crise, y compris dans sa dimension dynamique, voire positive.
Ces images ne se présentent pas sous la forme de grands tirages autonomes. Elles sont associées dans des montages qui accentuent la mobilité et le burlesque des gestes et des situations. Un burlesque tragique qui, à la manière de Buster Keaton ou Jacques Tati, échappe à la pesanteur des réalités sociales par la grâce des gesticulations. Comme l’écrit Petr Kral : ''A une vision de l’homme défini par ses seuls actes, les comiques substituent l’image d’un héros intérieur qui, par ses agissements, cherche autant à exprimer sa subjectivité qu’à atteindre un objectif.''(Le burlesque, ou Morale de la tarte à la crème, Ed. Stock, 1984.)
Dans l’exposition, ces images seront projetées sous la forme d’un diaporama et d’un ensemble de tirages.
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Expositions personnelles
1982 La Ville, galerie Viviane Esders, Paris. (Avec une aide à la première exposition du Ministère de la culture et de la communication).
1984 Les berges de la Seine, galerie des Somnambules, Toulouse,
et galerie Viviane Esders, Paris.
1985 L’autoroute , galerie d’exposition du Centre départemental de la culture, Bordeaux.
1992 Plantes et Paysages, Château de Vitré.
1995 J’habite un paysage, Archives départementales, Bordeaux.
Expositions collectives
1985 L’acte du photographe , FRAC Aquitaine.
1987 L’architecture industrielle, Archives départementales, Bordeaux.
1994 Paysages et parcours, Usine de Méru.
1998 L’enfermement, Maison Européenne de la photographie.
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| Gauthey |
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Dominique Gauthey est né en 1963, il vit et travaille à Paris, il présente onze tirages photographiques couleurs, réalisés entre 2000 et 2001.
Site web : http://d.gauthey.neuf.fr/
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Après diverses expériences professionnelles (mécanique auto, métallurgie), il s’engage plus activement, à partir de 1988, dans le champ de la photographie. Dans la logique de son intérêt pour l’espace urbain et l’architecture moderne, il passe une maîtrise de photographie puis un DEA d'urbanisme, en travaillant notamment sur
les albums photographiques du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (M.r.u).
Il participe en 1994, à la Mission photographique «Architectures» organisée annuellement par le Conseil général de Seine Saint-Denis et l'université de Paris 8. S’inscrivant alors dans la lignée de l’art conceptuel, il réalise une “carte” (1/0,00002) mixant des données de l’Institut Géographique National avec des photographies de la Plaine-St-Denis.
A partir de 1998, il participe au séminaire de JF Chevrier à l'Ensba. Sollicité par la DIREN-idf, commanditaire de la Mission photographique “Sites sauvegardés en Ile-de-France”, il parcourt la région capitale en photographiant les paysages depuis l’intérieur d’une automobile. Dans le catalogue de la Diren, en apparaissant uniquement en tête de chaque chapitre, une longue suite photographique est décomposée en douze séquences qui relie les sites les uns aux autres.
En 1999, il réalise un premier projet documentaire dans un quartier d’habitat social avec les Archives municipales de St-Etienne (Au vu et au su de l’archive…), qui sera suivi d’une résidence d’artiste à Izieu, au Mémorial des enfants juifs exterminés (Comme une mémoire). Dans ces deux séries l’utilisation d’archives photographiques sera un moyen de questionner le rapport d’un lieu à son histoire, comme la mise en scène de celui-ci. En 2001, Dominique Gauthey réalise quatre portraits de famille pour l’artiste Majida Khattari, dans le cadre du projet qu’elle mène alors avec Les Laboratoires d'Aubervilliers (En famille).
En 2000, bénéficiant d’une aide de la DAPA, il commence à photographier Vaulx-en-Velin. Les onze photographies exposées à Des Territoires, en 2001, vont générer une réflexion et un procesus de travail qu’il mènera jusqu’en 2004 avec l’appui des Archives municipales de Lyon. Avec Le Lys scelle les roses puis Métropole il construit alors un diptyque où, poursuivant l’essai de 1/0,00002 , il tente de dresser le portrait d’une métropole tout en réutilisant –mais de manière lointaine et très détournée, l’iconographie du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme.
Différentes publications accompagnent son travail photographique.
- “Les Archives photographiques de la Reconstruction”, Etudes photographiques n°3, Société Française de photographie, Paris,1997.
- Au vu et au su de l'archive… un paysage (urbain), Parpaings n° 6, octobre 1999 (quartier Tarentaize, Saint-Étienne)
- French monument, Urbanisme n °303, novembre 1998.
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| et Elisabeth Gerl |
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Lise et Elisabeth : « Nous plaçons le bar comme on met la table, dans la cave du mûrier nous l’avons fabriqué. Nous nous crûmes dans une basse-cour et malgré le bruit de la chaufferie, on a crié les hommes. Nous avons fabriqué, comme des ouvrières les scènes vécues dans des lieux-de-vie, structures alternatives à la psychiatrie qui accueillent des jeunes en difficulté psychique et sociale.
Le « nous » reprend l’autre travail, celui présenté l’année dernière à la Chapelle*. Et dans les caves de la Chapelle, aujourd’hui on redonne corps au mûrier de chine planté par Lenoir, qui est tombé pendant la tempête de décembre 1999. Nous avons voulu placer son tronc, comme un fil tiré de la masse des possibilités de la terre, d’où part le « web » ; sous ce « tracé » concrétisé, nous disposons les scènes.
Cette ligne en fer et en bois, métaphore de l’évolution des sciences et des techniques, sera harnachée sur le comptoir, maintenue par des potences ; l’ensemble retracera notre rencon-tre avec les lieux-de-vie.
Lise : Tarasque dans la voiture !
Tarasque : ouah ! »
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Repères biographiques
* ''Histoire de faire avec : dans la Chapelle de l’École nationale supérieure des beaux-arts
en 1999, nous avons présenté notre travail fabriqué avec des lieux-de-vie.
De ces rencontres sont nés :
''À la Colombière'', un film documentaire d’une heure et trente minutes.
''La maison avec ses pièces'', un album photo.
''On ne fait pas fleurir un nuage'', un texte de 50 minutes.
''Je vais exploser ma manière'', un film de fiction de 14 minutes.
''Les Crottes'', une installation-désinstallation.
''Embarcation immédiate'', un ensemble d’entretiens sonores à écouter dans la voiture rouge immatriculation 94.""
''Nino'' : À partir d’entretiens réalisés dans le lieu d’accueil le Roucous dans l’Aveyron à Viala-du-Tarn.
Textes lus par : Madeleine Gerl, institutrice à la retraite et Jean-Paul Scherrer, instituteur à la retraite. Durée 20 minutes.
''Micloho'' : À partir d’entretiens réalisés dans le lieu d’accueil Yoho dans le Gers.
Textes lus par Madeleine Gerl, institutrice à la retraite, Jean-Paul Scherrer, instituteur à la retraite et Maurice Poignon, instituteur. Durée 10 minutes.
''Nicole'' : À partir d’entretiens réalisés dans le lieu d’accueil l’Arbre Voyageur dans le Gard et dans les Cévennes. Textes lus par Madeleine Gerl, institutrice à la retraite et Jackie Morelle, institutrice. Durée 10 minutes.
''Noëlle'' : À partir d’entretiens réalisés dans le lieu d’accueil la Chapelle au Clair de Lune dans le Gard pendant une période de deuil. Textes lus par Céline Hardy, psychologue, Brice Jenny, étudiant préparant le CAPES en anglais, et Jackie Morelle, institutrice. Durée 10 minutes.
''Le futur peut aider le passé'' : texte et mise en page réalisés dans le premier numéro Des Territoires en revue, mai 1999.
''Le bar'' : en vue de l’exposition Des Territoires.
''Les petits faires savoir'' : en projet, répertorier des savoir-faire qui ne réussissent plus à s’ins-crire dans le monde contemporain…
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Commissaire(s) de l'exposition
: Jean-François Chevrier, avec la collaboration de Sandra Alvarez de Toledo
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LE COMMISSAIRE, JEAN-FRANÇOIS CHEVRIER
ASSISTÉ DE SANDRA ALVAREZ DE TOLEDO
Jean-François Chevrier
Né en 1954, il enseigne l’histoire de l’art contemporain à l’Ensba depuis 1988 dans le champ des enseignements théoriques. Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de lettres, cet historien et critique d’art a publié de nombreux essais sur les échanges entre littérature et arts visuels au XXe siècle, sur l’histoire de la photographie (XIXe et XXe siècles) et sur l’art depuis les années 60. Fondateur et rédacteur en chef de la revue Photographies (1982-1985). parallèlement à une activité critique régulière, il a organisé depuis 1987 une dizaine d’expositions internationales, accompagnées de livres-catalogues : Une autre objectivité/Another Objectivity, FotoKunst, Lieux communs, figures singulières, Walker Evans & Dan Graham. Il a publié également un essai sur l’historien d’art Jurgis Baltrusaïtis et travaille aujourd’hui plus particulièrement sur l’architecture et l’art en milieu urbain, en animant un séminaire sur les relations entre art et politique à l’Ensba.
Sandra Alvarez de Toledo
Née en 1954 à Mohammedia (Maroc).
Elle abandonne en 1972 des études de sciences politiques pour devenir danseuse, métier qu’elle exerce entre 1975 et 1985. Après un stage d’apprentissage de la production cinématographique chez Anatole Dauman (Argos Films), elle produit le deuxième film de Didier Haudepin (Elsa, Elsa), et réalise en 1988 un court-métrage de 13 minutes en 35 mm, La représentation. Elle commence des études d’histoire de l’art à Paris I et travaille parallèlement au commissariat de l’exposition de Germain Viatte, Peinture-Cinéma-Peinture, organisée au Centre de la Vieille Charité à Marseille (septembre 1989).
Elle rédige, en 1993, un mémoire autour du livre de Walker Evans, Many Are Called puis, deux ans après, un DEA autour de l’album réalisé par Marc Pataut, Les images des enfants psychotiques de l’hôpital d’Aubervilliers, 1981-1982. En 1996 et 1997, elle organise la section de photographies ''historiques'' (Helen Levitt, Walker Evans, Ed van der Elsken, Garry Winogrand) pour la Documenta X de Kassel et participe activement à la conception et à la réalisation de Des Territoires en revue.
Le scénographe : François Andrieux
Né en 1965, il est architecte DPLG depuis 1990, puis obtient un certificat d’études approfondies à l’École d’architecture de Paris-Villemin en 1993. Il est maître de conférences à
l’École d’architecture de Lille et des régions nord depuis 1995. Chef de la rubrique architecture de la revue DDO (bimestriel de la création de la région nord) depuis 1997, il s’est également intéressé à l’œuvre de Charles Péguy, a contribué aux Cahiers de la recherche architecturale et urbaine sur les doctrines en 2000 et prépare une monographie sur Joseph Luis Mateo à paraître chez Actar à Barcelone en 2001.
En tant qu’architecte, il a entre autres réalisé l’entrée du Musée de la Dentelle à Caudry (1992), aménagé l’intérieur de la Bibliothèque de l’Université catholique de Lille (1995), la Villa Mont Noir pour une résidence d’écrivains (1997) et restructuré le Centre équestre régional du Touquet (1997). Autre chantier en cours : l’aménagement urbain des abords du boulevard Urbain à Eurallile.
Pour l’exposition, François Andrieux, à travers ses participations régulières aux séances du séminaire, a su mettre en espace l’exposition Des Territoires (et notamment la salle Melpomène) et a dessiné l’ensemble du mobilier qui la compose en étroite collaboration avec les commissaires et les artistes.
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Catalogue
Des territoires en revue
Les numéros de Des Territoires en revue ont été conçus et coordonnés par Jean-François Chevrier et Julien Boitias, avec la collaboration des auteurs et des participants au séminaire animé par Jean-François Chevrier à l’École nationale supérieure des beaux-arts. Le graphisme et la mise en page ont été assurés par Julien Boitias.
Le numéro 1 (paru en mai 1999) comprend quatre parcours poétiques, dont un sur Fernand Deligny (1913-1996), pédagogue dans le mouvement de
l’antipsychiatrie qui a mené une “ tentative ” avec des enfants autistes dans les Cévennes, et un autre sur Amos Gitaï, cinéaste israélien qui a réalisé plusieurs films sur des villes d’Israël, dont Yom-Yom sur Haïfa, Devarim sur Tel-Aviv et Kadosh sur Jérusalem.
Ont collaboré au dossier sur l’histoire du séminaire : Nicole Gingembre, Brian Holmes, Sandra Alvarez de Toledo, Alessandra Frisan, Antoine Tiphine, Carole Tiphine, Christian Joschke, Dominique Sanbothe, Florence de Comarmond, Anne-Marie Schneider, Frank Marouani, François Andrieux, Frédéric Delesalle, Gilles Coolen, Ines Lechleitner, Isabelle Plat, Jean-François Chevrier, Julien Boitias, Kathleen Rahn, Lise Terdjman, Elisabeth Gerl, Marc Pataut, Sophie Wahnich, Amos Gitaï et Jean de Calan.
Le numéro 2 (paru en octobre 1999) est conçu comme un journal des pays à plusieurs voix. Il présente notamment trois territoires en situation et trois auteurs-témoins : Marc Pataut à Tulle ; Véronique Nahoum-Grappe au Kosovo et Majida Khattari à Casablanca.
Les auteurs de ce numéro : Gabriel Costes, Jean-François Chevrier, Marc Pataut, Véronique Nahoum Grappe, Jeff Wall, Sophie Haluk, Majida Khattari, Florence de Comarmond, Kim Na-young, Sandra Alvarez de Toledo, Yto Barrada, Pernelle Duvillet.
Le numéro 3 (paru en mai 2000), axé sur la photographie et la culture populaire comprend : un dossier sur Barcelone et la transformation de la métropole, avec des photographies de Patrick Faigenbaum ; un texte de Jan Roca et une contribution du peintre Yves Bélorgey ; les travaux photographiques de François Andrieux, Yto Barrada, Gérard dalla Santa, Frédéric Delesalle et Gilles Saussier ; enfin, une histoire en deux biographies d’Antonio Gramsci et Elio Vitorrini établie par Fabrizio Gallanti.
Les auteurs de ce numéro : Gérard Dalla Santa, Pernelle Duvillet, Jean-François Chevrier, Fabrizio Gallenti, Patrick Faigenbaum, Joan Roca, Yves Bélorgey, Gilles Saussier, François Andrieux, Frédéric Delesalle, Yto Barrada.
Autres personnes intervenues dans le séminaire dont cette publication est issue : Susan George, Manée Teyssandier et Catherine Nizak, Hamid Barrada, Ethel Adnan, Jocelyne Saab, Jean Hannoyer et Ghassan Salhab, Didier Daeninck, Geert Lovink et Nadia Tazi, Bernard Latarjet, Jacques Testard, Servane Zanotti et Jean-Louis Raymond, Frédéric Wiseman et Sophie Bruneau.
Le numéro 4 (paru en octobre 2000) comprend un ensemble consacré au
cinéma contemporain. Il présente le travail inédit d’un couple d’artistes lituaniens, Eglé et Kostas Bogdanaï, ainsi qu’un entretien entre Jean-François Chevrier et Jeff Wall.
Les auteurs de ce numéro : Jeff Wall, Jean-François Chevrier, Sophie Haluk, Dominique Gauthey, Yves Bélorgey, Eglé et Kostas Bogdanaï, Sandra Alvarez de Toledo, Show-Chun et Anthelme Lee, Rithy Panh.
Autres personnes intervenues dans le séminaire dont cette publication est issue : Luc Baboulet, Thierry Dumanoir, Nicolas Frize, Alain Moreau, Klavdj Sluban.
Le dernier numéro sera double et paraîtra au moment de l’exposition Des territoires.
Les cinq revues seront alors disponibles en coffret.
72 pages, format 17,5 x 25 cm,
illustrations couleur et noir et blanc
ISBN :
N° 1 : 2-84056-071-2
N° 2 : 2-84056-074-7
N° 3 : 2-84056-082-8
N° 4 : 2-84056-092-5
N° 5 : 2-84056-102-6
Coffret des cinq numéros : 2-84056-103-4
Prix du numéro : 7,62 € (50 F)
Prix du coffret : 38,11 € (250 F)
Abonnement pour 5 numéros dont 1 numéro double au prix de 30,49 € (250 F)
Diffusion Paris-Musées
28, rue Notre-Dame des Victoires
75002 Paris
Tél. : 01 44 58 99 20
Fax : 01 47 03 36 44
Diffusion France : Actes Sud
Diffusion Bibliothèques : La Documentation française
Distribution : UD-Union Distribution
LA REVUE COMMUNICATIONS
Le numéro 71 de ''Communications'', revue semestrielle de sciences humaines éditée par Le Seuil sort en octobre 2001 au moment de l'exposition. Dirigé par Jean-François Chevrier et Philippe Roussin, il s'intitule ''Le parti pris du document'' et propose une traversée du XXe siècle, sous l'angle du documentaire, dans les domaines de la littérature, de la photographie, du cinéma et de l'architecture. Il rassemble outre les textes de Jean-François Chevrier et Philippe Roussin, les contributions de : Daniel Barric, Joseph Roth, Leonld Heller, Varlam Chalamov, Sarah Sékaly, Sophie Bruno, Jean-Paul Colleyn, Sandra Alvarez de Toledo, Fernand Deligny, Marc Pataut, Gilles Saussier, Howard S. Becker, Amos Gitaï, Rithy Panh, Annick Lempière et Luc Baboulet.
Editions du Seuil
57, rue de Seine - 75006 Paris
tél. : 01 40 46 50 50
Prix public : 15.55 € (102 F)
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Informations pratiques
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Des Territoires
Du 09/10/2001 au 30/12/2001
Vernissage le 08/10/2001 à 18h00
Commissaire(s) : Jean-François Chevrier, avec la collaboration de Sandra Alvarez de Toledo
ouvert tous les jours sauf le lundi, de 13h00 à 19h00
Métro Ligne 4 : Saint-Germain des Prés
Bus : 24 - 27 - 39 - 48 - 63 - 70 - 86 - 87 - 95 - 96
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