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Jana Sterbak
Eléments biographiques
Jana Sterbak est née en 1955 à Prague et y a vécu jusqu’en 1968, quand sa famille émigre au Canada (BFA Concordia, Montréal, 1977). Depuis elle a successivement vécu à New York (de 1983 à 1987), à Paris (de 1993 à 1997) et à Barcelone (depuis 1998).
Son travail a contribué à redonner un nouveau souffle à la sculpture de ces trente dernières années. Elle a également exploré d’autres moyens d’expression tels que les installations, les performances, les films et les vidéos, et les utilise dans la présentation de ce qui a été défini comme «performing object».
Dans les années 80 et 90, Jana Sterbak a exploité une voie unique en intégrant dans son travail des éléments considérés jusqu’alors comme de simples supports de communication par la précédente génération d’artistes. Sisyphus (1991, FNAC, Paris), une performance dans laquelle l’homme et le rock ne font qu’un, consiste en un objet et un film de 16 mm projeté en boucle pour en expliquer l’utilisation. Le film sans fin ainsi que le projecteur font partie de cette installation, un choix délibéré de l’artiste.
Réalisés dans des matériaux inattendus, les objets utilitaires - outils, jouets, meubles ou vêtements - prennent un sens nouveau avec Measuring tapes cones (1979), Condensed (1979), un ballon de plage en plomb, Seduction Couch (1986-1987, NGC, Ottawa), sorte de divan qui donne des décharges électrostatiques. Les outils poétiques, conceptuels sont pleins de sous-entendus - c’est-à-dire l’ironie, l’humour et la métaphore - ; les sculptures et les installations de Jana Sterbak proposent une analyse des conditions, des limites et du prix de notre liberté.
Les situations qu’elle met en scène nous confrontent à nos désirs contradictoires et souvent exclusifs. L’envie de profiter à la fois de la dépendance et de l’autonomie constitue le sujet de Remote Control (1989, Macba, Barcelone) qui présente la vidéo d’une danseuse en suspension dans une crinoline motorisée.
L’existence conflictuelle du sujet dans notre société constitue le thème de Generic Man (1987, MCA, San Diego), photographie noir et blanc de grand format représentant un homme au crâne rasé, vu de dos avec un code barre sur la nuque. Le même sujet est abordé dans Declaration (1993, Musée de Marseille) avec une vidéo de 7 mn dans laquelle le texte de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de Thomas Payne est lu en bégayant.
Les limites imposées par la nature, dans ce cas présent le vieillissement et la mort, sont le sujet de Inside (1990, collection privée, Washington) représentant un cercueil transparent en verre avec à l’intérieur un cercueil d’enfant en miroir. L’œuvre qui change de couleur et de texture à cause du vieillissement et du dessèchement, Vanitas, flesh dress for Albino Anorectic (1987, Centre Georges Pompidou) est une robe en beefsteak cru exhibée sur un mannequin de couturière, qui est l’une des œuvres les plus célèbres de l’artiste.
L’HISTORIQUE DE LA CHAPELLE DES PETITS-AUGUSTINS
Parmi les différents bâtiments qui composent aujourd’hui l’École nationale supérieure des beaux-arts, la Chapelle des Petits-Augustins est sans doute l’un des plus riches, par son histoire comme par les collections qu’elle abrite. Elle doit son origine à la reine Marguerite de Valois (1553-1615), l’épouse divorcée d’Henri IV, plus connue sous le nom de “Reine Margot”. En 1608, celle-ci entreprit d’établir, dans le voisinage du Palais qu’elle venait de faire construire entre le quai et la rue de Seine, un couvent d’Augustins déchaussés, dits Petits-Augustins “qui chanteraient continuellement, jour et nuit, dans la chapelle, des louanges, des hymnes, des cantiques et actions de grâce, sur les airs qui en seroient faits par son ordre”. La Chapelle de la reine Marguerite, dite “des Thouars” fut l’une des premières à Paris à être surmontée d’une coupole, indice d’un goût nettement italianisant. Son auteur fut probablement le maître maçon Jean Autissier qui avait construit l’hôtel voisin de Marguerite de Valois. Cette petite chapelle hexagonale s’ouvre aujourd’hui sur la Chapelle proprement dite de l’École et abrite les moulages de la seconde porte de Ghiberti pour le baptistère de Florence et différents bas-reliefs et statues de Michel-Ange. Son décor initial a disparu.
Après la mort de Marguerite, en 1615, des quêtes fournirent aux religieux les moyens de continuer les travaux et le 15 mai 1617, la reine Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, vint solennellement poser la première pierre de l’église, qui fut bâtie en deux ans et placée sous la protection de Saint-Nicolas de Tolentino.
Pendant la Révolution, grâce à sa situation au cœur de Paris, à deux pas du Louvre et grâce à son église, à son cloître et à la facilité de s’étendre du côté du jardin, le couvent des Petits-Augustins offrait des avantages, pour l’installation d’un musée qui n’échappèrent pas à Alexandre Lenoir, quand celui-ci entreprit de réunir et de présenter au public les vestiges architecturaux des monuments détruits par la sécularisation des biens du clergé. Il put ainsi ouvrir, dès 1795, le Musée des monuments français dans les salles libérées par l’expulsion des moines en 1791. La Restauration supprima le Musée. En 1816, les monuments réunis par Alexandre Lenoir furent restitués aux églises et aux familles. Seuls témoignages du passé restent l’église, la sacristie et la chapelle hexagonale. La même année, les bâtiments étaient affectés à “l’École royale et spéciale des Beaux-Arts”.
Les architectes François Debret et Félix Duban transformèrent la Chapelle en Musée de moulages du Moyen Age et de la Renaissance. Son conservateur, Louis Peisse, fondateur du “musée des modèles” à l’École des Beaux-Arts en 1834, contribua à lui donner sa physionomie actuelle : il fit procéder à la réalisation de campagnes de moulages antiques et modernes à Rome par l’intermédiaire d’Ingres et surtout en Toscane en vue de former une réserve de modèles à des fins pédagogiques. Il rassembla notamment les copies d’après Michel-Ange dans la chapelle latérale, cadre qui lui rappelait la chapelle Sixtine. Le musée fut inauguré en 1879. Mais le désintérêt des pouvoirs publics pour cette initiative, et surtout l’ouverture par Viollet-le-Duc de son Musée de sculpture comparée eurent raison du projet. Dès 1900, s’amorça le démantèlement des collections de moulages de l’École.
Restaurée en 1979, la Chapelle des Petits-Augustins a été dégagée des cimaises qui avaient été installées pour accueillir des expositions. Sans remettre en cause la disposition adoptée par l’architecte Félix Duban au XIXe siècle, des aménagements (dépoussiérage, rénovation de l’éclairage, etc.) ont permis de remettre en valeur des collections exceptionnelles. Cette action a bénéficié du soutien de la Fondation BMW France, de celui des Friends of French Art et de l’aide de la société des Amis de l’Ensba qui, par son mécénat, a favorisé la réalisation de cette rénovation. Les collections qu’elle abrite sont aujourd’hui à nouveau accessibles au public, les élèves y pratiquent régulièrement la copie. Cet espace caractéristique du goût au milieu du XIXe siècle permet également d’organiser des réceptions, des concerts, des séminaires et des colloques.
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