Cat'zArts       Beaux-arts de Paris, l'école nationale supérieure

       

Type d'objet :
Sculpture.

Titre / désignation :
[Fondation de la ville de Marseille] . (Titre forgé) .

Création

Barrias, Louis-Ernest.
Candidats : le Nordique (d’Orchies) Louis-Alexis Joseph Deletrez, le Nantais Joseph Michel Caillé, les Parisiens Dalou et Barrias, l’Ardennais Aristide Croizy, de Mézières. Apparemment, pas de Provençaux.

Numéro d'inventaire : PRS 55
1 objet(s)

Matière et technique :
Bas-relief en plâtre

Mesures : Haut. en cm : 156. Larg. en cm : 126. Prof. en cm : 24.
Mesures prises le 6 novembre 2016
En haut, épaisseur de 5 cm

Créé en vue de
Travaux d'élèves, concours, diplômes : Prix de Rome de Sculpture
. Date : 1865

Description analytique
* Peut aussi contenir des citations ou un résumé du document.

L’épreuve définitive était ainsi rédigée : « Nannus, roi des Salyes, dont la puissance s’étendait depuis l’embouchure du Rhône jusqu’à Fréjus, reçoit Simos et Protis chefs de l’ambassade des Phocéens qui lui présentent une branche d’olivier, symbole de paix, lui demandent son amitié et la liberté d'élever une ville dans le lieu de ses États où ils ont débarqué.
Nannus qui ce jour-là mariait sa fille les reçoit gracieusement et les fait asseoir au festin parmi les convives.
Le mariage était dans ce pays un acte libre, la fille choisissait ordinairement son époux, et celui des jeunes gens de la compagnie à qui elle présentait à laver était l’objet de son choix.
Nannus au milieu du festin fait entrer sa fille et lui ordonne de présenter l’eau.
On n’a pas de peine à concevoir que la bonne mine des Grecs, leur politesse, leur esprit et le bon goût de leurs habillements, les mettait bien au-dessus des Gaulois, couverts d’étoffes grossières, ou des dépouilles hérissées des bêtes fauves.
Aussi Giptis (c’était le nom de la jeune princesse) e, fit-elle la différence au premier coup d’œil.
Elle fut droit à Protis, le plus jeune des ambassadeurs, et lui présenta à laver. la volonté, dans cette occasion, était si respectée que personne ne murmura de voir la princesse donnée à un étranger. Ce fut ainsi que la Fortune qui se plaît quelquefois à récompenser le mérite sourit à ce Grec errant et isolé sur un rivage étranger. Elle accorda tout à la fois à cet aimable jeune homme une épouse, l’amitié des peuples voisins, l’alliance du roi, la permission d’élever une ville et les secours nécessaires à une pareille entreprise. » (Histoire de France avant Clovis par M. Laureau, tome Ier, p. 183, Paris, 1789)
Peut-être pour paraître audacieux, les jurés attribuaient ce sujet, que nous avons tous traduits du latin de Rollin ou du grec de …, à L’Histoire de France avant Clovis, publiée par Laureau en 1789. Une Gauloise (ou une Ligure ?) choisissait un Grec. Les Hellènes sont à gauche, le bel éphèbe nu comme il se doit mais contredisant les termes du sujet. Le lauréat montre des Marseillais d’avant Marseille encore légèrement (mais point trop) barbares. Pourtant, César nous a enseigné que parmi tous les Celtes, ceux de la Narbonnaise sont les plus policés, parce qu’ils sont les plus proches de la civilisation. Et de fait, la princesse est déjà habillée en Vestale, elle sait où est l’avenir de l’humanité, dans la nudité grecque et dans la toge romaine.
Le concours de 1865 peut être considéré comme révolutionnaire. A la suite de la réforme de 1863, pendant quelques années, les jurés (qui n’étaient plus officiellement les Académiciens), prétendirent mettre à bas quelques aspects de l’enseignement académique. Et de fait, cette année-là, le sujet du prix de sculpture ne fut pas tout à fait gréco-romain. Les Gaulois entrèrent dans la bataille. Au premier essai, Vercingétorix « revêtu de sa plus belle armure parut tout à coup devant César assis sur son tribunal au milieu de son camp, sauta de cheval et jeta ses armes aux pieds du proconsul sans prononcer une parole.» Le sujet imposait de centrer la composition sur une figure féminine : cela aussi était nouveau au concours du Prix de Rome de sculpture.

Historique administratif
- Statut Actuel Numéro d'entrée : MU 4396. Mode d'acquisition : Dépôt réglementaire. Ancienne appartenance : Elève de l'Ecole .

Exposition(s) dans la(les)quelle(s) l'objet a figuré
* Les cotes ou numéros qui suivent les références renvoient à des ouvrages consultables à la bibliothèque des Collections.

- D’Antigone à Marianne : rêves et réalités de la république : collection des beaux-arts de Paris : exposition, Paris, Palais des Beaux-Arts, du 24 février au 20 avril 2017 / sous la direction d'Emmanuel Schwartz ; [texte, Emmanuel Schwartz, Olivier Christin, Anne Verjus] ; ISBN:978-2-84056-508-6 (br.) : 30 EUR
EX 10296


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Cop. Ecole nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo. Thierry Ollivier. La reproduction de cette image numérique n'est autorisée qu'à des fins non commerciales, de recherche, d'éducation ou de documentation.


Notice n° 13485